Comprendre et gérer la maladie de Cushing chez le cheval

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La maladie de Cushing est l’un des problèmes de santé les plus fréquents chez les chevaux vieillissants. Touchant jusqu’à 30 % des équidés de plus de 15 ans, cette affection endocrinienne chronique affecte considérablement leur qualité de vie. En tant que propriétaire, vous devez la comprendre et savoir comment la gérer au quotidien pour offrir à votre compagnon les meilleures conditions pour bien vivre. Quels sont les mécanismes, les symptômes et les approches pour une gestion optimale de cette situation ?

Qu’est-ce que la maladie de Cushing équine ?

Encore appelée Dysfonctionnement de la Pars Intermedia de l’hypophyse (DPIP ou PPID en anglais), elle est une affection neurodégénérative qui atteint les chevaux âgés. Elle trouve son origine dans la dégénérescence de l’hypothalamus, situé à la base du cerveau. Chez un animal en bonne santé, cette partie du cerveau régule la sécrétion d’hormones produites par l’hypophyse grâce à la dopamine. Avec l’âge, la production de cette dernière diminue et perturbe le processus de régulation. L’hypophyse commence alors à se développer anormalement et à générer des quantités excessives d’hormone corticotrope (ACTH).

Cette surproduction d’ACTH stimule les glandes surrénales qui sécrètent davantage de cortisol, l’hormone du stress. Ce dérèglement hormonal est responsable de la cascade de symptômes observés chez les équidés malades. Bien que cette maladie ne soit pas guérissable, diverses méthodes permettent d’en maîtriser les effets.

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Approches naturelles pour accompagner le traitement

Une nutrition adaptée aide à contrôler les manifestations et à prévenir les complications associées telles que la fourbure. Dans l’alimentation pour chevaux atteints de Cushing, la priorité est de réduire les glucides facilement digestibles (amidon et sucres). Ces nutriments provoquent des pics de glycémie qui favorise la sécrétion d’insuline. Ils accroissent ainsi le risque de fourbure, chez les sujets qui développent une résistance à l’insuline en parallèle de leur DPIP. Vous devez donc limiter ou éliminer les céréales et le son de riz.

Le régime idéal repose sur un fourrage de qualité, pauvre en sucres non-structuraux (NSC), complété par des aliments riches en fibres. Pour les animaux qui présentent une fonte musculaire ou un amaigrissement, ajoutez des protéines et des graisses. La luzerne, les graines de lin et diverses huiles végétales sont d’excellentes sources d’énergie sans augmenter la glycémie. Le gattilier (Vitex agnus-castus) suscite par ailleurs un intérêt particulier pour ses propriétés dopaminergiques qui aide à réguler la sécrétion d’ACTH.

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, des études montrent des améliorations notables chez les chevaux qui reçoivent cette plante. La supplémentation en vitamine E, C, B12 et en sélénium est également bénéfique. Les probiotiques et les levures vivantes soutiennent quant à eux la fonction immunitaire et la digestion, souvent compromises.

Symptômes et diagnostic précoce

Le signe le plus caractéristique est l’hirsutisme (un développement excessif du poil sur tout ou partie du corps). Le pelage devient long, dense et frisé, même en période chaude. Les équidés présentent aussi des difficultés à muer, avec des mues incomplètes ou tardives. La redistribution anormale des graisses est un autre signe révélateur. Vous observerez une fonte musculaire progressive, visible dans le dos. Elle contraste avec des dépôts graisseux au niveau de l’encolure, de la base de la queue et de l’abdomen, donnant au cheval un aspect penduleux particulier.

L’augmentation de la soif (polydipsie) et des mictions (polyurie) est en outre un indicateur. L’animal boit et urine beaucoup, ce qui cause une déshydratation si l’accès à l’eau est limité. Cette perturbation s’accompagne d’une baisse d’immunité, rendant le sujet vulnérable aux infections dentaires, respiratoires et urinaires.

La fourbure touche environ un tiers des chevaux atteints de Cushing. Cette complication grave entraîne des problèmes locomoteurs permanents si elle n’est pas vite traitée. Face à ces symptômes, le diagnostic repose en grande partie sur la mesure du taux d’ACTH dans le sang. Tenez toutefois compte des variations saisonnières normales de cette hormone, plus élevée en fin d’été et début d’automne.

Suivi et prévention des complications associées

Le traitement médicamenteux à base de pergolide, qui mime l’action de la dopamine, est en général la pierre angulaire de la prise en charge. Ce médicament aide à contrôler l’évolution de la maladie et contribue même à sa régression partielle. Prévoyez aussi un suivi vétérinaire régulier qui inclut des analyses sanguines pour ajuster la posologie du traitement. Surveillez les taux en dehors des périodes de fluctuations saisonnières pour une interprétation fiable.

Les chevaux atteints de Cushing étant sensibles aux infections, portez une attention spécifique à l’hygiène de leur habitat. Le nettoyage des box, le renouvellement fréquent de la litière et la limitation de l’exposition aux poussières réduisent les risques d’affections respiratoires. Faites ensuite des contrôles bisannuels pour prévenir les complications pouvant affecter la prise alimentaire et, par conséquent, l’état général. La gestion des pâturages requiert également une vigilance particulière pour les animaux qui présentent une résistance à l’insuline. Limitez l’accès aux herbages riches en sucre (printemps, automne, après une gelée), par l’utilisation de muselières.

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