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Frankel : pourquoi son palefrenier ne s’en est jamais remis

L Léa · 5 juillet 2026 · 3 min de lecture
Frankel : pourquoi son palefrenier ne s’en est jamais remis

Newmarket, octobre 2012. Sept heures du matin, l’air est encore froid. Shane Fetherstonhaugh sangle Frankel pour la dernière fois. Quatre ans qu’il monte ce cheval chaque jour. Quatre ans à connaître son humeur avant lui-même. Aujourd’hui, c’est fini. Le cheval qui n’a jamais perdu va prendre sa retraite. Et Shane le sait, plus rien ne sera comme avant.

Quatorze courses, quatorze victoires

Né en 2008 dans le Suffolk, Frankel n’a jamais connu la défaite. Sur dix-huit mois de carrière, il aligne quatorze victoires consécutives, dont les Two Thousand Guineas, les Sussex Stakes et les Queen Anne. Les statisticiens lui donnent une cote Timeform de 147, la plus haute jamais attribuée à un cheval de plat moderne. Mais ces chiffres ne disent rien de l’homme qui le préparait chaque matin.

Quatre ans de complicité silencieuse

Shane Fetherstonhaugh n’était pas son entraîneur. Pas son jockey de course non plus. Il était son cavalier d’entraînement, ce que les Anglais appellent un work rider. Discret, invisible des médias, il connaissait pourtant Frankel mieux que quiconque. La pression d’un mors, le rythme d’un souffle, le moment exact où il fallait lâcher prise pour qu’il ouvre sa foulée monstrueuse.

« Il savait toujours quand on cachait quelque chose », confiera Shane plus tard. « Si on était stressé, il refusait de partir. Il fallait être honnête avec lui. »

Le matin où il est tombé en pleurs

Le 20 octobre 2012, Frankel court ses Champion Stakes à Ascot. Quatorzième victoire. Retraite immédiate, direction le haras de Banstead Manor pour faire la monte, où ses saillies compteront bientôt parmi les plus chères au monde. Quand le van démarre, Shane reste sur le rond de présentation, immobile. Quelques minutes plus tard, ses collègues le retrouvent assis contre un box, sanglotant en silence.

Il ne reviendra jamais sur ce matin-là. Mais il ne montera plus jamais un cheval de cette envergure non plus.

Pourquoi un Frankel laisse une cicatrice

Dans le milieu hippique, on dit qu’un palefrenier qui a connu un grand cheval ne « redescend » jamais vraiment. Tous les autres semblent ordinaires après. Shane Fetherstonhaugh travaille toujours, calmement, mais ceux qui le connaissent savent qu’il garde dans sa boîte à outils un vieux licol noir, marqué au feutre d’un seul mot : Frankel. Il ne s’en sépare jamais.

Derrière chaque champion, il y a ces hommes de l’ombre que le grand public ne voit jamais. Pour prolonger, explorez notre univers turf et courses hippiques.

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