Chaque dernier dimanche de janvier, le bois de Vincennes se transforme en capitale mondiale du trot. Des dizaines de milliers de spectateurs s’y pressent, transis de froid, pour assister au Grand Prix d’Amérique, la course de trot attelé la plus célèbre de la planète. Aucun autre rendez-vous hippique français ne suscite une telle ferveur populaire, ni un tel engouement chez les parieurs.
Mais pourquoi cette épreuve mythique se court-elle toujours à Vincennes, et nulle part ailleurs ? La réponse tient à un siècle d’histoire, à la nature très particulière de l’hippodrome parisien et à une lignée de champions qui ont fait de cette piste cendrée leur royaume. Voici ce qu’il faut comprendre du lien presque charnel entre le Grand Prix d’Amérique et le temple du trot.
Une course née d’un hommage, en 1920
Le Prix d’Amérique a été créé en 1920, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Son nom n’a rien d’anodin : il rend hommage à l’engagement des États-Unis aux côtés de la France, et au souvenir des soldats américains tombés sur le sol français. La première édition s’est déroulée sur l’hippodrome de Vincennes, et la course n’en est jamais repartie depuis.
Au fil des décennies, la distance a varié avant de se fixer sur les 2 700 mètres de la grande piste, parcourus aujourd’hui par les meilleurs trotteurs du monde, âgés de 4 à 10 ans. L’épreuve a gardé sa date sacrée : le dernier dimanche de janvier, au cœur du grand meeting d’hiver. Cette fidélité au lieu et au calendrier fait partie de l’identité de la course, autant que son tracé ou son palmarès.
Vincennes, le temple du trot
Inauguré le 29 mars 1863 en bordure du bois de Vincennes, à l’est de Paris, l’hippodrome de Vincennes est surnommé le temple du trot. C’est l’épicentre de la discipline en France : on y dispute l’essentiel des grandes courses de trot, attelé comme monté, et son nom est familier de tous les amateurs de courses hippiques.
La piste se court à la corde à gauche. Sa grande piste, longue d’environ deux kilomètres, possède une particularité redoutée : une montée sévère dans la ligne opposée, juste après le tournant. Cette côte met à nu les limites de chaque cheval. Un trotteur peut mener bon train pendant 2 000 mètres puis se faire déborder dans cette rampe finale, là où le souffle et le mental font la différence. C’est ce relief qui donne au Grand Prix d’Amérique sa réputation d’épreuve de vérité.
Pourquoi pas un autre hippodrome ?
Déplacer le Grand Prix d’Amérique serait impensable, pour plusieurs raisons qui se cumulent :
- Le prestige du lieu : un siècle de palmarès a soudé la course à sa piste. Le tracé fait partie de la légende.
- La capacité d’accueil : Vincennes peut recevoir des dizaines de milliers de spectateurs aux portes de Paris, un atout que peu d’hippodromes possèdent.
- La difficulté de la piste : la montée sélectionne les vrais champions et rend le verdict incontestable.
- La tradition du meeting d’hiver : la course est l’aboutissement d’un cycle de préparatoires courues sur la même piste.
Vincennes n’est pas seulement le théâtre du Grand Prix d’Amérique : la piste est un personnage de la course à part entière, un juge de paix que les meilleurs drivers apprennent à dompter.
Le chemin vers la consécration
On n’arrive pas au Grand Prix d’Amérique par hasard. La course est l’aboutissement d’un parcours d’obstacles courus tout l’hiver à Vincennes, dans une série de préparatoires qui servent de répétition générale.
| Étape | Rôle |
|---|---|
| Prix de Bretagne | Première sortie hivernale de référence |
| Prix du Bourbonnais | Montée en puissance |
| Prix de Bourgogne | Galop d’essai grandeur nature |
| Prix de Belgique | Dernier test avant le grand jour |
Ces étapes permettent aux entraîneurs de jauger la forme de leurs chevaux et au public de se faire une opinion avant de poser ses paris. Pour s’y retrouver dans cette mécanique, rien ne vaut un bon pronostic du jour et une lecture attentive des performances récentes.
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Les champions qui ont écrit la légende
Si Vincennes est sacré, c’est aussi grâce aux cracks qui s’y sont révélés. Le palmarès du Grand Prix d’Amérique se lit comme un panthéon du trotteur français.
Ourasi, le « roi fainéant », reste le seul quadruple vainqueur de la course : quatre triomphes dans les années 1980, un record que personne n’a égalé. Ready Cash, double lauréat en 2011 et 2012, a ensuite engendré des champions à son tour. Son fils Bold Eagle a marqué les esprits avec deux victoires (2016 et 2017) et le record de vitesse de l’épreuve, établi en 1’11″2 au kilomètre. Plus récemment, Idao de Tillard, drivé par Clément Duvaldestin, a réussi le doublé en 2024 et 2025.
Ces noms ne sont pas que des lignes de palmarès : ils incarnent l’idée qu’à Vincennes, une grande course ne se gagne pas, elle se mérite.
Une dotation à la hauteur de l’événement
Le Grand Prix d’Amérique est la course de trot la mieux dotée de France, avec une enveloppe totale d’un million d’euros. Le vainqueur empoche à lui seul 450 000 euros, soit 45 % de la dotation. Au-delà des sommes, c’est le prestige qui prime : remporter le Prix d’Amérique fait entrer un cheval, un driver et un entraîneur dans l’histoire.
Pour le grand public, l’événement est surtout une formidable porte d’entrée vers l’univers des paris hippiques. Beaucoup de parieurs occasionnels ne misent qu’une fois par an, ce dimanche-là. Si vous voulez aller plus loin, notre comparatif des meilleurs sites de paris hippiques et notre rubrique Turf détaillent tout ce qu’il faut savoir pour parier en connaissance de cause.
Questions fréquentes sur le Grand Prix d’Amérique
Pourquoi le Grand Prix d’Amérique se court-il à Vincennes ?
Parce que la course y est née en 1920 et n’en est jamais partie. Le prestige du lieu, la capacité d’accueil aux portes de Paris et la difficulté de la grande piste, avec sa célèbre montée, ont scellé ce lien devenu indissociable.
Quand a lieu le Grand Prix d’Amérique ?
Toujours le dernier dimanche du mois de janvier, au cœur du meeting d’hiver de Vincennes. C’est l’aboutissement d’un cycle de courses préparatoires courues sur la même piste.
Quelle est la distance du Grand Prix d’Amérique ?
La course se dispute sur 2 700 mètres, à la corde à gauche, sur la grande piste de Vincennes. Le tracé inclut une montée exigeante qui sélectionne les meilleurs trotteurs.
Qui détient le record de victoires ?
Ourasi reste le seul quadruple vainqueur de l’épreuve, avec quatre succès dans les années 1980. Ready Cash, Bold Eagle ou plus récemment Idao de Tillard l’ont remporté à deux reprises.




