Étienne Beudant (1863-1949) figure parmi les plus grands écuyers français du tournant du XXe siècle. Surnommé « l'écuyer mirobolant » par le général Decarpentry, cet officier de cavalerie formé à l'école de Faverot de Kerbrech perpétue avec brio la tradition baucheriste à Saumur. Sa maîtrise exceptionnelle du dressage, appliquée à des chevaux réputés impossibles, et ses écrits techniques font de lui une référence incontournable de l'équitation classique française.
Formation et influences
Né en 1863, Étienne Beudant reçoit une formation équestre rigoureuse auprès de Faverot de Kerbrech, lui-même disciple direct de François Baucher. C'est par ce fil conducteur que Beudant hérite de la méthode baucheriste dans sa forme la plus élaborée, celle dite de la « seconde manière », fondée sur la légèreté absolue et la mise en avant de l'impulsion depuis l'assiette du cavalier. Son entrée dans la cavalerie française le conduit naturellement à Saumur, haut lieu de l'art équestre national, où il approfondit et enrichit cet héritage au contact d'une pratique militaire exigeante.
Un talent hors du commun pour les chevaux difficiles
Ce qui distingue Beudant de ses contemporains tient moins à sa carrière institutionnelle qu'à une aptitude rare : dresser des chevaux que nul autre cavalier ne peut monter. Tout au long de sa vie, il prend en charge des sujets réputés ingouvernables, rétifs ou dangereux, et parvient à en tirer des chevaux accomplis, capables des figures les plus exigeantes du dressage supérieur. Cette faculté lui vaut l'admiration du général James Fillis comme celle de Decarpentry, qui forge pour lui l'expression devenue célèbre d'« écuyer mirobolant ». Loin d'une démonstration de force, son approche repose sur la patience, la finesse des aides et une compréhension profonde de la psychologie équine.
« L'écuyer mirobolant » : c'est ainsi que le général Decarpentry qualifie Beudant, soulignant une virtuosité technique que ses contemporains jugent proprement stupéfiante.
Une oeuvre écrite au service de la transmission
Beudant ne se contente pas de pratiquer : il théorise et transmet. Son ouvrage majeur, Extérieur et Haute École, publié au début du XXe siècle, constitue un témoignage précieux sur l'équitation de tradition française telle qu'elle se pratique encore dans la lignée de Baucher. Il y expose avec clarté les principes de légèreté, d'équilibre et de rassembler qui guident son travail, tout en illustrant ses propos d'exemples tirés de sa propre expérience avec des chevaux difficiles. Ce texte reste aujourd'hui une référence pour les passionnés d'équitation classique et les historiens de la discipline. Beudant s'éteint en 1949, laissant derrière lui une oeuvre à la fois pratique et littéraire qui continue d'alimenter la réflexion sur les fondements de l'art équestre.




