
Breeders’ Cup 2026 : Forever Young, le cheval japonais qui vise un doublé réussi une seule fois
Les 30 et 31 octobre 2026, la Breeders’ Cup revient à Keeneland, à Lexington, dans le Kentucky : quatorze courses de Groupe 1 en deux jours, plus de 34 millions de dollars de dotations et de primes, et le Classic doté de 7 millions en point d’orgue, samedi soir. Le favori n’est pas américain. Forever Young, entraîné au Japon, a gagné le Classic l’an dernier et peut devenir le deuxième cheval seulement à le remporter deux fois de suite, après Tiznow en 2000 et 2001.
Breeders’ Cup 2026 : deux jours de courses à Keeneland, les 30 et 31 octobre
La Breeders’ Cup est le championnat du monde des courses de galop à l’américaine. Créée en 1984, elle réunit chaque automne, sur un seul hippodrome et en deux jours, les meilleurs chevaux de chaque catégorie : sprinteurs, milers, chevaux de fond, juments, deux ans, sur le gazon comme sur la piste en sable, le fameux dirt. L’édition 2026 est la 43e. Elle compte quatorze Groupes 1, et le total des dotations et des primes dépasse 34 millions de dollars.
Le vendredi 30 octobre est consacré aux chevaux de deux ans. Le samedi 31 est la grande journée, celle des chevaux d’âge, qui se termine par le Breeders’ Cup Classic, 7 millions de dollars, annoncé à 18 h 25 heure locale. À Paris, qui sera repassé à l’heure d’hiver, le départ tombera vers 23 h 25. La Breeders’ Cup Turf, la course sur l’herbe où les Européens sont le plus souvent attendus, est programmée un peu plus tôt dans la soirée.
Le public est plafonné à 43 000 spectateurs par jour. Keeneland le présente comme un choix de confort : l’hippodrome est en plein chantier, un programme de travaux de plus de 100 millions de dollars, le plus important de ses 89 ans d’histoire.
Keeneland, l’hippodrome du Kentucky qui reçoit la Breeders’ Cup pour la quatrième fois
Keeneland a ouvert en 1936 au milieu des fermes d’élevage de Lexington, la capitale mondiale du pur-sang. Ses tribunes en pierre calcaire, ses arbres et ses couleurs d’automne en font un décor à part dans les courses américaines. C’est aussi une maison de ventes : chaque année, des yearlings y changent de mains pour des millions de dollars. Fusaichi Pegasus y avait été acheté 4 millions en 1998, avant de devenir le cheval le plus cher du monde, payé 70 millions de dollars comme étalon.
L’hippodrome accueille la Breeders’ Cup pour la quatrième fois, après 2015, 2020 et 2022. Chacune de ces éditions a laissé un nom dans l’histoire du Classic.

American Pharoah, Authentic, Flightline : les chevaux qui ont gagné le Classic à Keeneland
En 2015, American Pharoah y a couru la dernière course de sa vie. Vainqueur de la Triple Couronne quelques mois plus tôt, il a gagné le Classic de six longueurs et demie et réussi ce que la presse américaine a appelé le Grand Chelem : la Triple Couronne et le Classic la même année. Aucun cheval ne l’avait fait avant lui.
En 2020, la Breeders’ Cup s’est courue à Keeneland à huis clos, en pleine pandémie. Le Classic est revenu à Authentic, déjà vainqueur du Kentucky Derby cette année-là, couru en septembre et lui aussi sans public.
En 2022, Flightline a gagné le Classic de huit longueurs et quart. C’était sa sixième course et sa sixième victoire : il a été retiré invaincu dans la foulée pour faire la monte, et élu cheval de l’année aux États-Unis. Ce samedi soir, c’est sur la même ligne droite que Forever Young tentera d’entrer à son tour dans ce livre.
Forever Young, le cheval japonais qui défend son titre dans le Breeders’ Cup Classic
En 2025, à Del Mar, Forever Young a gagné le Breeders’ Cup Classic pour son entraîneur, Yoshito Yahagi, et son jockey, Ryusei Sakai. Le Japon, qui court après l’Arc de Triomphe depuis plus de cinquante ans, comme nous le racontions avant les 38 tentatives japonaises à Longchamp, tenait enfin la plus grande course sur le dirt américain.
Sa saison 2026 confirme son rang. Il a gagné une deuxième fois la Saudi Cup, dotée de 20 millions de dollars, puis fini deuxième de la Dubai World Cup, avant de remporter facilement la Jockey Club Gold Cup, de trois longueurs et quart, en septembre. Début octobre, il arrivait en tête du classement des favoris publié par America’s Best Racing, avec 25 votes de première place.
Un seul cheval a gagné deux Classic consécutifs : Tiznow, en 2000 et 2001. En 42 éditions, la chose n’est donc arrivée qu’une fois. Forever Young a cinq ans, il connaît les longs voyages et les grands rendez-vous ; il lui reste à le faire sur une piste qu’il va découvrir.
Sovereignty et les chevaux américains qui attendent Forever Young dans le Classic
Le principal adversaire s’appelle Sovereignty. Le cheval de Godolphin, entraîné par Bill Mott, a gagné le Kentucky Derby et les Belmont Stakes en 2025. Il a débuté 2026 par une deuxième place puis une troisième, avant de retrouver sa forme dans la Whitney Stakes, à Saratoga le 8 août, gagnée de quatre longueurs trois quarts. Un abcès l’a ensuite arrêté : le Classic sera sa première course depuis douze semaines, un pari pour son entourage.
Derrière ces deux-là, plusieurs chevaux de trois ans sortent d’un été chargé, dont The Puma, vainqueur du Pennsylvania Derby, et Golden Tempo, un finisseur qui pourrait profiter d’une course rapide devant lui. La liste définitive des partants et le tirage des places à la stalle ne seront connus qu’en début de semaine de course.

- La surface : le dirt et le gazon sont deux métiers. Un cheval qui n’a jamais couru sur le sable américain part avec une inconnue, quel que soit son palmarès.
- La fraîcheur : douze semaines sans courir, comme Sovereignty, peuvent reposer un cheval ou lui manquer. Le dernier travail du matin, à Keeneland, donne la tendance.
- Le voyage : les chevaux venus du Japon ou d’Europe doivent encaisser le transport et le décalage. Ceux qui arrivent tôt s’acclimatent mieux.
- La piste : Keeneland a souvent la réputation d’une piste qui favorise les chevaux placés devant. Un finisseur a besoin d’un rythme rapide en tête.
- La stalle : dans un grand peloton, une place trop à l’extérieur coûte du terrain dans le premier virage. Le tirage se fait en début de semaine.
Breeders’ Cup 2026 : comment suivre les courses de Keeneland depuis la France
Les deux journées se courent en fin d’après-midi et en soirée aux États-Unis, ce qui place les grandes courses du samedi entre 21 h et minuit à Paris. Les opérateurs de paris hippiques français proposent habituellement les courses majeures de la Breeders’ Cup ; le programme précis et les partants définitifs sont publiés par l’organisation dans la semaine.
Une semaine plus tôt, le samedi 24 octobre, la France aura eu les yeux tournés vers Pau et son concours complet cinq étoiles, et l’Australie aura couru le Cox Plate, que nous présentions dans le déménagement historique de la course à Flemington. L’automne est la saison des grands championnats de galop, et Keeneland ferme la marche.
Keeneland, annonce de la billetterie de la Breeders’ Cup 2026 (dates, quatorze Groupes 1, plus de 34 millions de dollars, jauge de 43 000 spectateurs, éditions 2015, 2020 et 2022) ; Breeders’ Cup, programme 2026 (Classic à 18 h 25 heure locale) ; America’s Best Racing, classement des favoris du Classic (6 octobre 2026) et présentation du Classic (7 octobre 2026) ; résultats officiels de la Breeders’ Cup 2015, 2020, 2022 et 2025. Horaires sous réserve de modification par l’organisateur ; heures de Paris calculées par la rédaction.
Pour suivre les grandes courses de galop de la saison, les hippodromes et les pronostics, rendez-vous sur notre portail turf. Notre guide du pur-sang anglais raconte la race des chevaux de la Breeders’ Cup, et le programme des courses hippiques donne les réunions du jour en France.
Pour aller plus loin : quiz cheval et concours équestres
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