Dentition
du cheval
Le cheval possède des dents à croissance continue qui doivent être surveillées toute sa vie. Surdents, malocclusions et anomalies dentaires altèrent la mastication, l'état général et le travail monté. Un suivi régulier par un dentiste équin prévient la majorité des problèmes.
La cavité buccale du cheval est complexe : 36 à 44 dents selon le sexe, des arcades en relation par mouvement latéral lors de la mastication, et une croissance dentaire continue de 2 à 4 millimètres par an. Cette particularité oblige à un suivi régulier pour prévenir l'apparition de surdents qui blessent les joues et la langue, et déséquilibrent toute la mécanique masticatoire.
Structure et particularités de la dentition équine
Le cheval adulte possède 36 dents (jument) à 44 dents (mâle, avec crocs). La formule dentaire complète comprend 12 incisives (3 par demi-mâchoire), 4 crocs ou canines (chez le mâle), 12 prémolaires et 12 molaires. Les dents de loup (premières prémolaires vestigiales) sont présentes chez 70% des chevaux. Les dents équines sont hypsodontes : longues, à croissance continue de 2 à 4 mm par an, compensant l'usure de la mastication. Le maxillaire (mâchoire supérieure) est plus large que la mandibule (anisognathisme), ce qui provoque une usure préférentielle sur les bords externes des dents supérieures et internes des dents inférieures, créant des surdents en l'absence de soins.
Pathologies dentaires fréquentes
Les surdents (pointes d'émail) blessent muqueuse jugale et langue, provoquant douleur, défaut de mastication, refus du mors. Les ondulations et marches d'escalier (waves, steps) résultent d'usures inégales, souvent dues à une asymétrie d'occlusion ou à une dent manquante. Le diastème (espace anormal entre deux dents) piège les aliments et entraîne parodontite douloureuse. Les caries dentaires touchent particulièrement les molaires inférieures. L'EOTRH (résorption et hypercémentose des incisives) affecte les chevaux âgés et nécessite parfois l'extraction des incisives. Les abcès dentaires donnent gonflement facial, jetage nasal unilatéral, mauvaise haleine forte.
Symptômes à reconnaître
Le cheval qui mange lentement, laisse tomber des boulettes de foin (quidding), bave en mangeant ou présente des grains entiers dans les crottins souffre probablement de la bouche. Une perte d'état malgré une ration adaptée, une mauvaise haleine persistante, un jetage nasal d'un seul côté, un gonflement facial sont des signes d'alerte. Sous la selle, refus du mors, encensement, head-tilt, tirage d'un côté, refus de se mettre sur la main peuvent traduire une douleur dentaire. Le toucher des joues fait parfois découvrir des plaies internes. Tout changement de comportement alimentaire ou monté doit faire suspecter un problème dentaire.
Examen et diagnostic vétérinaire
L'examen dentaire complet nécessite un spéculum buccal (pas-d'âne) qui maintient la bouche ouverte, une sédation légère pour le confort du cheval, un éclairage frontal, parfois une caméra endobuccale. Le vétérinaire ou dentiste équin diplômé palpe systématiquement toutes les dents (présence, mobilité, surdents, caries, parodontite), évalue l'occlusion en position de mastication, recherche un abcès, contrôle les incisives pour l'EOTRH. La radiographie complète l'examen en cas de suspicion d'abcès, de fracture dentaire ou de sinusite d'origine dentaire. L'examen doit être complet : se contenter de râper sans diagnostic est une mauvaise pratique.
Fréquence des soins et professionnels habilités
Un examen dentaire annuel minimum est recommandé pour tout cheval adulte sain. Les jeunes (3 à 5 ans, pendant le remplacement des dents de lait), les vieux chevaux (plus de 20 ans), les chevaux de sport et ceux en pension partagée nécessitent un suivi semestriel. Le nivellement (râpage) des surdents se fait à l'aide d'instruments motorisés ou manuels. En France, seuls les vétérinaires et les techniciens dentistes équins formés et habilités (loi du 22 juin 2018) peuvent légalement pratiquer les soins dentaires. Vérifier la qualification du praticien (DETE, diplôme d'études), demander la prescription véto en cas de sédation. Le coût varie de 80 à 180 euros par séance selon le travail.
Questions fréquentes
Information générale à but pédagogique. Cette fiche ne remplace pas une consultation vétérinaire. Toute suspicion clinique justifie un appel véto rapide.
