Le mors Pelham est un mors de levier à canon unique qui combine, sur une seule embouchure, les effets d’un mors de filet et d’un mors de bride. Conçu pour offrir une action progressive selon la rêne utilisée, il s’adresse aux cavaliers qui recherchent un complément de contrôle sans passer à un harnachement complet à deux mors. Avant de l’adopter, il est essentiel de comprendre son fonctionnement, ses branches, son canon et les situations où il révèle vraiment son intérêt. Pour une vue d’ensemble des familles d’embouchures, consultez notre guide des mors.
Qu’est-ce qu’un mors Pelham ?
Le mors Pelham appartient à la famille des mors à effet de levier. Sa particularité tient à la présence de deux anneaux de chaque côté du canon : un anneau supérieur, au niveau des montants, et un anneau inférieur, au bout des branches. Cette configuration permet d’utiliser deux paires de rênes, ou une seule grâce à des alliances (petites lanières de cuir), afin de doser l’effet recherché. Une gourmette vient compléter le dispositif en se logeant dans la barbe du cheval, créant un point d’appui qui déclenche l’effet de bascule.
L’origine du Pelham
Le Pelham a été imaginé pour réunir les avantages d’un mors de bride complète (filet plus mors de bride) en une seule embouchure. Il représente ainsi un compromis apprécié, notamment en équitation anglaise et dans certaines disciplines de loisir, lorsqu’un cheval demande un peu plus de cadre qu’avec un simple filet, sans pour autant justifier l’emploi d’une bride à deux mors.
Comment fonctionne le mors Pelham ?
Le fonctionnement du Pelham repose sur l’effet de levier. Lorsque le cavalier agit sur la rêne inférieure, fixée au bout des branches, le mors pivote : le canon exerce une pression sur les barres et la langue, tandis que la gourmette se resserre sous la mâchoire et que les montants appuient légèrement sur la nuque. Cet effet combiné incite le cheval à céder et à fléchir. La rêne supérieure, elle, agit comme un filet classique, avec une action plus directe et moins amplifiée.
Le rôle des branches et de la gourmette
La longueur des branches détermine la puissance de l’effet de levier : plus les branches sont longues, plus l’action est marquée pour une même tension de rêne. La gourmette, quant à elle, doit être réglée avec soin. Trop lâche, elle annule l’effet de bascule ; trop serrée, elle devient sévère et inconfortable. Le réglage correct se vérifie généralement lorsque les branches forment un angle d’environ 45 degrés avec la ligne de la bouche au moment de l’action.
Les différents types de canons
Le canon du Pelham peut prendre plusieurs formes, chacune modifiant le confort et la précision de l’action sur la bouche du cheval.
| Type de canon | Action | Pour quel cheval |
|---|---|---|
| Canon droit (mullen mouth) | Pression douce et répartie sur la langue et les barres | Cheval sensible, bouche délicate |
| Canon brisé | Effet de noix, action plus ciblée sur les barres | Cheval ayant besoin de plus de dialogue |
| Canon à passage de langue | Libère la langue, appui sur les barres | Cheval gêné par la pression linguale |
| Caoutchouc ou cuir | Action très adoucie, contact moelleux | Jeune cheval ou bouche très sensible |
Quand utiliser un mors Pelham ?
Le Pelham trouve sa place dans plusieurs contextes, à condition que le cavalier dispose d’une main posée et indépendante. Il convient particulièrement aux situations suivantes :
- Un cheval fort ou enclin à s’appuyer, qui demande un cadre supplémentaire sans devenir dur dans la main.
- La pratique du saut d’obstacles, où le contrôle entre les barres compte autant que la finesse à l’abord.
- Le loisir et les promenades en extérieur, lorsqu’un cheval excité a besoin d’être rassuré et tenu.
- Les disciplines de chasse à courre, le polo ou certaines présentations en équitation anglaise.
En CSO, le Pelham est apprécié de cavaliers qui veulent affiner leur contrôle à l’abord sans alourdir l’équipement. Il reste toutefois un mors à effet de levier qui exige tact et expérience : il ne corrige pas un défaut d’éducation, il accompagne un cheval déjà bien mis.
Pelham et niveau du cavalier
Parce qu’il amplifie les actions de main, le Pelham n’est pas recommandé pour un cavalier débutant ou à la main encore instable. Une traction involontaire sur la rêne inférieure peut surprendre le cheval et le braquer. Il s’adresse donc à un couple déjà à l’aise, capable de doser ses demandes avec précision.
Bien choisir et régler son Pelham
Le choix d’un Pelham passe d’abord par la taille de l’embouchure, qui doit correspondre exactement à la largeur de la bouche du cheval. Un mors trop large glisse et pince, un mors trop étroit serre et blesse les commissures. Pour déterminer la bonne dimension, reportez-vous à notre méthode pour choisir la taille de son mors.
Rênes ou alliances ?
Le Pelham peut se monter avec deux paires de rênes, ce qui offre le dosage le plus précis entre l’effet filet et l’effet levier, mais demande une certaine dextérité. L’usage d’alliances, ces petites lanières reliant les deux anneaux, permet de n’utiliser qu’une seule paire de rênes : la solution est plus simple, au prix d’un contrôle un peu moins fin de la répartition des effets.
Foire aux questions
Le mors Pelham est-il un mors dur ?
Le Pelham n’est ni doux ni dur en soi : sa sévérité dépend de la longueur des branches, du type de canon, du réglage de la gourmette et surtout de la main du cavalier. Entre des mains expérimentées et avec un canon adouci, il peut rester très respectueux de la bouche. Mal utilisé, son effet de levier le rend potentiellement sévère.
Faut-il une ou deux rênes avec un Pelham ?
Les deux options existent. Deux paires de rênes offrent le dosage le plus juste entre action de filet et action de levier, idéal pour un cavalier expérimenté. Les alliances permettent de se contenter d’une seule paire de rênes, plus pratique au quotidien mais moins précise dans la séparation des effets.
Le Pelham convient-il à un cheval débutant ?
Pour un jeune cheval encore en cours d’éducation, un mors de filet simple reste préférable afin de poser des bases claires. Le Pelham s’envisage plus tard, sur un cheval déjà bien mis qui demande un complément de cadre, et toujours avec un cavalier à la main sûre.
Comment régler la gourmette d’un Pelham ?
La gourmette doit être ajustée pour que les branches pivotent d’environ 45 degrés par rapport à la ligne de la bouche lorsque le cavalier agit sur la rêne inférieure. On vérifie qu’un doigt passe sous la gourmette au repos : ni trop lâche, ce qui annulerait l’effet, ni trop serrée, ce qui la rendrait sévère et douloureuse.
Quelle différence entre un Pelham et un mors de bride ?
Une bride complète utilise deux mors distincts, un filet et un mors de bride, montés ensemble avec leurs rênes respectives. Le Pelham cherche à reproduire cette double action avec une seule embouchure et un seul canon, ce qui le rend plus simple à monter et souvent mieux accepté par les chevaux à petite bouche.
