West Nile cheval :
tout savoir sur le virus du Nil occidental
Virus arboviral transmis par les moustiques, présent en France depuis 2000 (Camargue, Provence, Occitanie). 30 à 40 % de mortalité sur les cas neurologiques. Vaccination recommandée en zone à risque.

Comprendre le virus West Nile chez le cheval
Le virus West Nile (WNV) est un arbovirus de la famille des Flaviviridae, transmis principalement par les moustiques du genre Culex. Les oiseaux migrateurs sauvages constituent le réservoir naturel : c’est leur sang qui amplifie le virus, et c’est en piquant ces oiseaux puis un mammifère que le moustique transmet la maladie.
Le cheval et l’humain sont des hôtes accidentels (cul-de-sac épidémiologique : ils ne retransmettent pas le virus). Mais sur ces deux espèces, l’infection peut basculer vers une encéphalite mortelle.
Première détection en France : Camargue, automne 2000. Depuis, des foyers réguliers apparaissent dans le sud (Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Corse) et progressent vers le nord avec le réchauffement climatique. L’ANSES recense désormais une vingtaine de cas équins par an, principalement entre août et octobre.
Symptômes du West Nile chez le cheval
Sur les chevaux infectés, seulement 8 à 10 % développent une forme clinique. Les autres sont en immunité silencieuse. Mais les formes cliniques peuvent être dramatiques.
Forme légère (fébrile)
- Fièvre modérée (38,5 à 39,5 °C)
- Abattement, perte d’appétit
- Régression spontanée en 5 à 7 jours
Forme neurologique (méningo-encéphalite)
- Ataxie : démarche titubante, perte d’équilibre
- Tremblements musculaires, fasciculations
- Hyperexcitabilité ou prostration brutale
- Paralysie faciale, difficulté à déglutir
- Décubitus avec pédalage
- Convulsions
Sur les chevaux qui développent la forme nerveuse, environ 1 sur 3 meurt. Parmi les survivants, environ 40 % conservent des séquelles neurologiques permanentes (ataxie résiduelle, troubles du comportement).
Causes et zones à risque
Le cycle viral est saisonnier et géographique. Comprendre où et quand on est à risque change radicalement la stratégie de prévention.
Vecteur : les moustiques Culex
Les femelles Culex pipiens, C. modestus et autres espèces piquent à la tombée du jour et à l’aube. Elles transmettent le virus par leur salive après avoir piqué un oiseau infecté. La période d’activité va de mai à octobre, pic en août-septembre.
Zones à risque en France
- Camargue (Bouches-du-Rhône, Gard) : zone historique
- Provence-Alpes-Côte d’Azur (Var, Vaucluse, Alpes-Maritimes)
- Occitanie (Hérault, Aude, Pyrénées-Orientales)
- Corse (depuis 2018)
- Bassin de la Loire et Aquitaine (foyers ponctuels)
Hors zone à risque, le risque reste faible mais croît avec les déplacements de chevaux et le changement climatique.
Diagnostic vétérinaire
Le diagnostic se fait sur la base des signes cliniques + sérologie et PCR.
Sérologie
Recherche des anticorps IgM (infection récente) par test ELISA. Confirmation par séroneutralisation (référence ANSES). Délai 3 à 5 jours.
PCR sur LCR
En forme neurologique, prélèvement de liquide céphalo-rachidien (LCR) par ponction occipito-atloïdienne sous anesthésie. PCR sensible mais courte fenêtre (1 à 2 semaines après début des symptômes).
Maladie à déclaration obligatoire
Le West Nile est une maladie animale réglementée. Tout cas confirmé doit être déclaré aux services vétérinaires (DDPP). L’ANSES coordonne la surveillance via le réseau RESPE (Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine).
Traitement et pronostic
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique. La prise en charge est symptomatique et de soutien.
- Anti-inflammatoires (flunixine, phénylbutazone) pour réduire l’œdème cérébral
- Corticoïdes à dose anti-inflammatoire dans certains protocoles
- Perfusion intraveineuse pour maintenir l’hydratation et la pression osmotique
- Sédation si convulsions ou agitation
- Box matelassé, soins intensifs 24/7 pendant 7 à 14 jours
- Kinésithérapie passive si décubitus prolongé
Coût : 1 500 à 4 000 euros pour une prise en charge complète. Hospitalisation en clinique vétérinaire de référence souvent indispensable.
Prévention par la vaccination
La vaccination West Nile est recommandée en zone à risque et chez les chevaux qui voyagent dans le sud de la France entre mai et octobre.
Protocole vaccinal
- Primo-vaccination : 2 injections à 3 à 6 semaines d’intervalle, idéalement avant la saison moustiques (mars-avril)
- Rappel annuel entre avril et mai
- Vaccins disponibles en France : Equip WNV (inactivé) et Proteq West Nile (recombinant)
Coût : 70 à 100 euros par injection. Pas obligatoire pour la FFE/FEI mais fortement recommandé dans les zones à risque. Voir notre guide vaccin cheval.
Lutte contre les moustiques
- Couverture insectifuge en pâture (filet anti-moustique)
- Sprays répulsifs équins (DEET, perméthrine) au coucher du soleil
- Box ventilé, ventilateurs (les moustiques volent mal dans l’air agité)
- Évacuation des eaux stagnantes autour de l’écurie (gîtes larvaires)
- Éviter les sorties en pâture humide à la tombée du jour
Carnet de santé Equirider · Gratuit
Programme le vaccin West Nile en 2 minutes
Si tu vis en zone à risque (Camargue, Provence, Occitanie) ou si tu voyages dans le sud, programme tes rappels avant la saison moustiques.
- Rappel automatique avant la saison moustiques (mai)
- Indication zone à risque (déclarations ANSES)
- Stockage certificat avec numéro de lot
- Partage 1 clic avec véto et organisateurs de compétition
100% gratuit. Sans carte bancaire, désinscription en 1 clic.

