Né le 30 mars 1970 au haras Meadow Stud, en Virginie, et disparu le 4 octobre 1989, Secretariat reste à ce jour l'une des figures les plus extraordinaires de l'histoire des courses hippiques. Surnommé « Big Red » pour sa robe alezane flamboyante, ce pur-sang issu de Bold Ruler et de Somethingroyal, par Princequillo, a redéfini les limites de ce qu'un cheval de course pouvait accomplir. Ses records de 1973, notamment sur le Belmont Stakes, n'ont toujours pas été battus, plus d'un demi-siècle après leur établissement.
Une naissance sous le signe du destin
Secretariat voit le jour dans les paddocks du Meadow Stud, propriété de la famille Chenery, dans le comté de Hanover, en Virginie. Son père, Bold Ruler, est alors l'étalon le plus en vue des États-Unis, connu pour produire des sprinters explosifs. Sa mère, Somethingroyal, apporte quant à elle le sang endurant de Princequillo, réputé pour ses qualités sur les longues distances. Cette combinaison génétique, jugée risquée par certains observateurs de l'époque, va produire un poulain d'une conformation exceptionnelle, dont le coeur, découvert à l'autopsie, sera estimé à près de dix kilogrammes, soit environ trois fois la taille normale pour un cheval de cette corpulence.
Confié à l'entraîneur Lucien Laurin et monté par le jockey Ron Turcotte, Secretariat débute sur les hippodromes américains à l'été 1972. Dès ses premières sorties, il impose une façon de courir qui déconcerte : il prend souvent la tête par l'extérieur, accélère en ligne droite avec une régularité mécanique et franchit la ligne en solitaire.
La saison 1973, un mythe en trois actes
L'année 1973 constitue le sommet absolu de sa carrière. Secretariat remporte la Triple Couronne américaine, sequence composée du Kentucky Derby, du Preakness Stakes et du Belmont Stakes, en établissant à chaque étape un record de piste. Au Kentucky Derby, il court le mile et quart en 1 minute 59 secondes 2 dixièmes, un record qui tient encore. Mais c'est au Belmont Stakes que la performance prend une dimension presque irréelle : sur un mile et demi, il s'impose avec vingt-cinq longueurs d'avance sur son dauphin, en 2 minutes 24 secondes, un chronomètre jamais approché depuis.
« Il ne courait pas comme les autres chevaux. Il semblait accélérer jusqu'à la ligne, alors que tous les autres ralentissaient. » Ron Turcotte, jockey de Secretariat.
Ces performances sont d'autant plus remarquables qu'elles sont réalisées sur trois hippodromes différents, avec des surfaces et des conditions variables, en l'espace de cinq semaines seulement.
Une retraite et une postérité durables
Retiré des courses à l'automne 1973, Secretariat rejoint le haras Claiborne Farm, dans le Kentucky, pour entamer une carrière de reproducteur. Si ses descendants ne reproduisent pas systématiquement ses exploits sur les pistes, plusieurs lignes issues de lui ont contribué à façonner l'élevage pur-sang contemporain. Atteint d'une fourbure sévère, il est euthanasié le 4 octobre 1989, à dix-neuf ans. Son influence sur la culture populaire américaine dépasse largement le monde équestre : films, documentaires, timbres commémoratifs et couvertures de magazines ont perpétué son image de champion absolu, symbole d'une perfection athlétique rarement égalée.




