La levade est l'un des airs classiques de l'équitation de haut niveau, où le cheval soulève ses antérieurs bien au-dessus du sol en conservant un équilibre remarquable sur ses postérieurs. Ce mouvement spectaculaire, issu de la tradition de l'école française, demande une préparation physique et mentale considérable. Il symbolise la maîtrise absolue du cavalier et la force contenue du cheval.
Définition et technique
La levade est un air au-dessus terre où le cheval se dresse sur ses membres postérieurs, les antérieurs soulevés horizontalement ou légèrement au-dessus de cette ligne. Contrairement à la cabriole ou à la courbette, ce mouvement ne comporte pas de saut, mais un véritable équilibre statique maintenu quelques secondes. Le centre de gravité se déplace entièrement vers l'arrière train, qui absorbe tout le poids du cheval et du cavalier.
L'exécution demande une impulsion précise, un engagement des postérieurs exemplaire et une légèreté de main absolue. Le cavalier doit créer une collection maximale, c'est-à-dire raccourcir la foulée tout en augmentant l'impulsion, pour permettre au cheval de monter ses antérieurs sans basculer. Cette harmonie entre force et subtilité fait de la levade un exercice réputé difficile et dangereux.
Historique et tradition
La levade s'inscrit dans la filiation des airs de manège classiques, hérités des écoles d'équitation baroque et de la tradition française de haute école. Elle figurait déjà dans les traités équestres du 17ème siècle comme démonstration de maestria. En France, l'école de Saumur et la Cadre Noire ont préservé cet art comme patrimoine d'excellence équestre, le transmettant de générations de cadres en cadres.
Un cheval en levade exprime l'aboutissement d'un travail de confiance et d'éducation qui ne peut résulter que de la patience et de la sagacité du cavalier.
Risques et préparation
La levade présente des risques certains : basculement arrière, déséquilibre latéral ou chute du cavalier. Elle ne doit être entreprise qu'avec un cheval physiquement et psychologiquement préparé, possédant une arrière-main solide et un tempérament calme. L'entraînement progressif, partant de la courbette ou du piaffer, permet d'accumuler les étapes nécessaires. Les chevaux pratiquant la haute école à haut niveau, notamment à Saumur, bénéficient d'une pédagogie minutieuse sur plusieurs années avant d'accéder à ce mouvement d'apparat.