La gastroscopie est l'examen de référence , et le seul fiable , pour diagnostiquer les ulcères gastriques chez le cheval. Aucun signe clinique, aucune prise de sang, aucun test ne peut remplacer la visualisation directe de la muqueuse gastrique.Cette page vous explique tout ce que vous devez savoir avant, pendant et après l'examen.
Pourquoi la gastroscopie est indispensable
Trois raisons rendent cet examen irremplaçable :
Premièrement, il n'y a pas de corrélation fiable entre les symptômes et la sévérité des lésions. Un cheval asymptomatique peut avoir des ulcères de grade 4, et un cheval très symptomatique des lésions minimes.
Deuxièmement, le type d'ulcère (squameux vs glandulaire) détermine le traitement. Sans gastroscopie, vous traitez à l'aveugle , et un ulcère glandulaire traité comme un squameux ne guérira pas.
Troisièmement, les grades orientent la durée du traitement et le pronostic. Un grade 1 ne nécessite pas les mêmes ressources qu'un grade 4.
Avant l'examen : la préparation
Le cheval doit être à jeun pour que l'estomac soit suffisamment vide et que la muqueuse soit visible :
- Retirer le foin 12 à 16 heures avant l'examen (en pratique, la veille au soir vers 18h-20h pour un examen le matin)
- Retirer l'eau 4 à 6 heures avant
- Retirer la litière comestible (paille) pour éviter que le cheval ne la consomme
- Ne pas donner de concentrés le matin de l'examen
Le cheval reste au box pendant la période de jeûne. Si la préparation est mal faite (résidus alimentaires dans l'estomac), l'examen peut être incomplet ou devoir être reporté.
Pendant l'examen : la procédure
La gastroscopie dure 10 à 20 minutes et se déroule debout :
Le cheval est sédaté légèrement (détomidine + butorphanol est le protocole le plus courant). Il reste debout mais détendu, tête basse.
Le vétérinaire introduit un endoscope vidéo de 3 mètres par une narine. Le tube descend dans l'œsophage, franchit le cardia (sphincter d'entrée de l'estomac) et pénètre dans l'estomac.
De l'air est insufflé pour distendre l'estomac et exposer les plis de la muqueuse. Le vétérinaire explore méthodiquement : muqueuse squameuse, margo plicatus, fundus glandulaire, antre pylorique. Si l'endoscope est assez long (3 mètres minimum pour un cheval adulte), le début du duodénum est également examiné.
Des photos et vidéos sont prises pour documentation. Les lésions sont localisées, décrites et gradées.
L'échelle de grades
Le système le plus utilisé est le scoring 0-4 pour la muqueuse squameuse :
- Grade 0 : muqueuse intacte, épithélium intact et lisse
- Grade 1 : muqueuse intacte mais zones de rougeur, hyperkératose ou épaississement
- Grade 2 : lésions petites, focales ou multifocales, érosions superficielles
- Grade 3 : lésions larges, uniques ou multifocales, zones d'ulcération franche
- Grade 4 : ulcérations extensives, profondes, souvent avec saignement actif, cratères, coalescence de lésions
Pour la muqueuse glandulaire, un scoring séparé est utilisé car la réponse au traitement diffère.
Après l'examen
Le cheval peut remanger du foin 30 minutes après la fin de la sédation. Les concentrés peuvent être réintroduits au repas suivant. Le cheval peut reprendre son activité normale le lendemain.
Le vétérinaire vous remet un rapport avec photos, localisation des lésions, grades, et son plan thérapeutique.
Coût et accessibilité
Le coût varie selon les structures et la région :
- En clinique vétérinaire fixe : 250 à 400 euros
- En ambulatoire (le vétérinaire vient à l'écurie) : 350 à 500 euros
- Le matériel nécessite un endoscope de 3 mètres minimum, ce qui limite le nombre de praticiens équipés
Toutes les cliniques équines ne proposent pas cet examen. Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire traitant pour connaître la structure la plus proche.
Le traitement d'épreuve : une alternative imparfaite
Quand la gastroscopie est inaccessible ou que le coût pose problème, certains vétérinaires proposent un "traitement d'épreuve" : administrer de l'oméprazole pendant 10 à 14 jours et observer si les symptômes s'améliorent.
Ses limites sont importantes : il ne confirme pas le diagnostic (l'amélioration peut avoir d'autres causes), ne localise pas les lésions, ne distingue pas squameux et glandulaire, et ne donne pas le grade. C'est un pis-aller qui peut retarder un diagnostic plus complet.
