
Virus Shamonda : 50 départements touchés, et un premier signal chez un cheval dans l’Hérault
Un cheval de l’Hérault, atteint de troubles neurologiques, vient de donner un signal positif au virus Shamonda. Le RESPE l’a annoncé le 30 septembre : ce pourrait être la première détection de ce virus chez un cheval vivant en France. Rien n’est encore confirmé, et personne ne peut dire aujourd’hui si le virus explique les symptômes. Mais le contexte donne du poids à l’information : Shamonda circule déjà chez les bovins dans une cinquantaine de départements, et il a été retrouvé cet été dans le cerveau de chevaux morts en Suisse.
Ce que le RESPE a détecté chez ce cheval de l’Hérault
Le cheval présentait des signes neurologiques. Son vétérinaire a fait les prélèvements prévus dans ce cas, et le laboratoire Labéo, qui traite les analyses du réseau de surveillance des syndromes nerveux, a obtenu par PCR un signal positif pour le virus Shamonda dans le sang. Le même cheval a été testé pour le virus West Nile, qui circule encore dans le Sud en cette fin septembre : le résultat est négatif.
Le RESPE, le réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine, reste prudent sur deux points. D’abord, la détection doit encore être confirmée, et le virus caractérisé. Ensuite, une PCR positive prouve la présence de matériel génétique du virus dans l’échantillon, pas le lien entre ce virus et les troubles du cheval. D’autres examens sont en cours. Le réseau précise qu’il est trop tôt pour tirer la moindre conclusion pour la population équine française.
Le calendrier compte. La veille, le 29 septembre, le RESPE avait justement annoncé qu’il ajoutait la recherche du virus Shamonda au bilan de tout cheval présentant un syndrome nerveux, et qu’il prenait en charge les frais d’analyse avec Labéo. Le cas de l’Hérault est l’un des premiers à passer par ce nouveau filet.
Virus Shamonda : d’où vient ce virus apparu chez les bovins cet été
Shamonda n’est pas un virus inconnu de la science. Il a été isolé pour la première fois chez des bovins au Nigeria dans les années 1960, puis retrouvé en Afrique et au Japon. Il appartient au sérogroupe Simbu, la même famille que le virus de Schmallenberg qui avait touché les élevages européens en 2011 et 2012. Ce qui est nouveau, c’est son arrivée en Europe.
Tout part d’élevages laitiers, au début de l’été 2026, en Suisse, dans l’est de la France et dans le sud de l’Allemagne : des vaches fiévreuses, avec de la diarrhée et une chute de la production de lait, alors que les tests de Schmallenberg, de la fièvre catarrhale ovine et de la maladie hémorragique épizootique reviennent négatifs. Le virus est identifié le 31 juillet 2026. En France, la plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale comptait 18 départements touchés au 24 août. Au 28 septembre, la presse agricole en recense 50, dont l’Oise, où le virus n’a été trouvé que chez des moutons.
Chez les ruminants adultes, les virus de ce groupe provoquent en général une maladie courte et modérée. L’inquiétude des éleveurs porte surtout sur les gestations : avortements et veaux malformés. Le Friedrich-Loeffler-Institut, qui a séquencé le virus en Allemagne, précise que ces virus ne sont pas considérés comme transmissibles à l’homme, tout en appelant à surveiller ce point pour une souche encore mal connue.

Quatre chevaux morts en Suisse : ce que l’on sait du virus Shamonda chez le cheval
Côté cheval, tout commence en Suisse. Fin juillet et début août, deux chevaux présentant des troubles neurologiques inexpliqués sont morts, et le virus Shamonda a été retrouvé dans leur cerveau. Jamais il n’avait été mis en évidence chez un cheval en Europe. Au 2 septembre, l’Institut suisse de médecine équine comptait quatre chevaux morts porteurs du virus dans le cerveau, trois dans le canton de Zurich et un dans celui de Berne. Chez plusieurs d’entre eux, les autres causes classiques de troubles nerveux, comme la rhinopneumonie ou West Nile, avaient été écartées.
Les signes décrits chez ces chevaux vont de l’abattement et d’une somnolence inhabituelle à des troubles franchement neurologiques : perte d’équilibre, démarche instable, tremblements, sensibilité excessive au toucher, tête penchée, mouvements anormaux des yeux. Certains chevaux ont récupéré seuls, d’autres ont dû être euthanasiés.
Un détail explique pourquoi le cas de l’Hérault intéresse les chercheurs : en Suisse, le virus avait été trouvé dans le cerveau, mais ni dans le sang ni dans le liquide céphalo-rachidien. Il ne passerait dans le sang que pendant une courte période au début de l’infection. Une détection sur un cheval vivant, par prise de sang, serait donc précieuse pour comprendre la maladie, à condition d’être confirmée.
Les signes neurologiques qui doivent faire appeler le vétérinaire du cheval
Aucun de ces signes n’est propre au virus Shamonda. Un cheval qui titube peut souffrir de West Nile, d’une forme nerveuse de rhinopneumonie, d’un traumatisme, d’une intoxication. C’est justement pour cela que le RESPE insiste : ce n’est pas au propriétaire de trancher, c’est au vétérinaire d’examiner le cheval, de faire les prélèvements et, s’il le juge utile, de signaler le cas.
Les signes qui justifient un appel rapide sont les mêmes que pour toute atteinte nerveuse : un cheval qui perd l’équilibre, qui croise les postérieurs en tournant, qui tremble, qui change brusquement de comportement, qui paraît anormalement endormi ou au contraire hypersensible. Le RESPE n’a changé aucun protocole pour les vétérinaires : le virus Shamonda s’ajoute simplement à la liste des agents recherchés sur les prélèvements habituels.
- Le prélèvement : un signal dans le sang d’un cheval vivant n’a pas le même poids qu’une détection dans le cerveau après la mort.
- La confirmation du résultat et le typage du virus, qui disent s’il s’agit bien de la souche européenne.
- Les autres causes écartées : West Nile, herpèsvirus, intoxication. Ici, West Nile est négatif.
- Le lien avec les symptômes, que ni une PCR seule ni la présence d’anticorps ne suffisent à établir.
- La répétition des cas : un cheval isolé est un signal, une série de chevaux dans une même zone serait autre chose.
- La circulation locale chez les bovins et l’activité des moucherons au même moment.
Culicoides : comment limiter les piqûres sur votre cheval cet automne
Le virus Shamonda se transmet principalement par les culicoides, les mêmes minuscules moucherons piqueurs qui provoquent la dermite estivale. Aucune transmission directe d’un cheval à l’autre n’a été mise en évidence : un cheval malade ne contamine pas son voisin de box. Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique, et la seule prévention consiste à limiter les piqûres.
La saison n’est pas finie. En Allemagne, le Friedrich-Loeffler-Institut situe le pic d’activité des culicoides entre juillet et octobre, avec une saison qui peut durer jusqu’à fin novembre selon la météo. Les gestes utiles sont connus des propriétaires de chevaux sensibles à la dermite : rentrer les chevaux à l’aube et au crépuscule, quand les moucherons sont les plus actifs ; préférer une écurie bien ventilée, car les culicoides volent mal dans le vent ; éloigner les chevaux des zones humides ; compléter avec une chemise, un masque et un répulsif adaptés, que nous comparons dans notre guide anti-mouches pour le cheval. Aucun de ces gestes ne garantit l’absence de piqûre, tous la rendent moins probable.

Ce que l’on ignore encore du virus Shamonda chez le cheval
Beaucoup. On ne sait pas si le virus est réellement responsable des troubles observés chez les chevaux suisses, ni quelle proportion de chevaux infectés tombe malade. Le test sanguin n’a pas encore de sensibilité connue, et le test sérologique qui permettrait de repérer les chevaux déjà exposés est en cours de développement. En Suisse, des anticorps réagissant au test de Schmallenberg ont été retrouvés chez plusieurs chevaux atteints : ils prouvent une exposition à un virus de la même famille, pas une maladie due à Shamonda.
Le RESPE a annoncé qu’il communiquerait les résultats de ses investigations sur le cas de l’Hérault dès qu’ils seront disponibles. D’ici là, la bonne attitude tient en deux mots, et ce sont ceux du réseau : vigilance, sans inquiétude. Le point sur les autres alertes de la saison, dont West Nile, qui a encore touché des chevaux du Vaucluse, des Pyrénées-Orientales et de la Gironde fin septembre, se trouve dans notre dossier West Nile chez le cheval.
- Le 30 septembre, le RESPE signale un signal positif par PCR dans le sang d’un cheval de l’Hérault atteint de troubles neurologiques, peut-être la première détection chez un cheval vivant en France.
- Le résultat doit être confirmé, et rien ne prouve encore que le virus explique les symptômes. West Nile est négatif.
- Le virus circule chez les ruminants dans une cinquantaine de départements au 28 septembre, contre 18 fin août.
- En Suisse, il a été retrouvé dans le cerveau de quatre chevaux morts de troubles nerveux.
- Il se transmet par les culicoides, pas d’un cheval à l’autre. Ni vaccin ni traitement spécifique.
- Devant tout signe neurologique, on appelle le vétérinaire : les analyses Shamonda sont prises en charge par le RESPE.
RESPE, « Virus Shamonda : une détection chez un cheval en France » (30 septembre 2026) et annonce du 29 septembre 2026 relayée par La Dépêche Vétérinaire ; Académie vétérinaire de France, « Virus Shamonda en Suisse chez des bovins et des chevaux » (29 août 2026) ; Friedrich-Loeffler-Institut, communiqué sur le virus « Shamonda-like » (août 2026) ; La France Agricole et Web-agri, bilans de la plateforme ESA (septembre 2026) ; Hipassur, synthèse du 4 septembre 2026 citant l’Institut suisse de médecine équine.
Un cheval qui présente des troubles nerveux, c’est une consultation d’urgence, des analyses, parfois une hospitalisation, et la facture monte vite. Avant l’hiver, c’est le bon moment pour vérifier ce que couvre votre contrat, avec notre comparatif des assurances cheval, et pour tenir à jour les vaccins, les soins et les symptômes observés dans le carnet de santé en ligne de votre cheval : le jour où le vétérinaire pose des questions, l’historique est là.
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