Arthur Lubin réalise en 1951 le deuxième volet des aventures de Francis, une mule qui parle. Le soldat maladroit incarné par Donald O'Connor se retrouve dans le milieu des courses, où sa mule lui souffle les gagnants après avoir discuté avec les chevaux à l'écurie. La série a compté sept films entre 1950 et 1956 et a durablement influencé le genre de l'animal parlant à l'écran.
Une mule qui écoute aux portes des boxes
Le ressort comique tient au procédé : Francis obtient ses informations en parlant aux pur-sang eux-mêmes, dans les écuries, avant les courses. Les chevaux savent qui est en forme et qui ne l'est pas.
Le film joue de l'écart entre la mule, animal de travail longtemps méprisé, et les pur-sang, animaux de prestige. C'est la mule qui sait, et l'humain qui passe pour fou quand il tente d'expliquer d'où viennent ses pronostics.
Ce renversement social est le vrai sujet de la série : l'animal le plus humble détient le savoir.
Sept films en six ans
La série Francis a été l'un des succès réguliers d'Universal dans les années cinquante, à une époque où les studios produisaient des franchises comiques à cadence rapide.
Donald O'Connor tient le rôle dans les six premiers volets avant d'être remplacé par Mickey Rooney pour le dernier. Il quittera la série en déclarant que la mule recevait plus de courrier d'admirateurs que lui.
La voix de Francis est celle de Chill Wills, acteur de westerns, non crédité au générique des premiers films.
Une descendance directe
Arthur Lubin, réalisateur de la série, a créé ensuite la série télévisée Mister Ed, diffusée de 1961 à 1966, dont le personnage central est un cheval qui parle à son seul propriétaire.
La filiation est assumée : même réalisateur, même principe de l'animal qui ne s'adresse qu'à un humain, même comique de quiproquo. Mister Ed a connu une notoriété bien supérieure et reste la référence du genre, mais elle descend directement de cette mule de cinéma des années cinquante.




