Cette page du calendrier des Très Riches Heures du duc de Berry, conservée au musée Condé de Chantilly, illustre le mois d'octobre. Un paysan herse un champ derrière un cheval, tandis qu'un semeur travaille au premier plan. En arrière-plan se dresse le palais du Louvre tel qu'il était au début du XVe siècle. Le manuscrit, commandé par Jean de Berry, est l'un des livres d'heures les plus célèbres au monde.
Le travail agricole représenté avec exactitude
La scène montre deux opérations distinctes du travail d'automne : le semis à la volée, et le hersage qui recouvre les grains. Le cheval tire une herse sur laquelle une pierre est posée pour lester l'outil.
Ce détail témoigne d'une observation directe. Le lest était nécessaire pour que les dents mordent la terre. Un épouvantail et des fils tendus complètent la scène pour éloigner les oiseaux.
Le cheval de labour au XVe siècle
L'usage du cheval pour les travaux des champs se généralise en Europe du Nord à partir du XIIe siècle, grâce au collier d'épaule qui remplace le harnais de gorge et permet de tirer sans étrangler l'animal.
Le cheval y gagne du terrain sur le bœuf, plus lent mais moins coûteux à nourrir. Le calendrier des Très Riches Heures montre les deux, selon les travaux et les saisons.
Un manuscrit à plusieurs campagnes
Les frères de Limbourg, Paul, Jean et Herman, travaillent au manuscrit jusqu'à leur mort, survenue vers 1416, probablement lors d'une épidémie, la même année que celle de leur commanditaire.
Le livre reste inachevé et sera repris plus tard par d'autres enlumineurs. Cette histoire en plusieurs temps explique les différences de style entre certaines pages, et rend l'attribution de chaque feuillet délicate.




