Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1787, montre un combat de boxe à mains nues entouré d'une foule dense, avec chevaux et voitures en périphérie. Ces rencontres, illégales mais tolérées, se tenaient en rase campagne et rassemblaient des milliers de spectateurs venus à cheval ou en attelage depuis Londres.
Un sport clandestin et populaire
La boxe à mains nues n'avait pas de statut légal. Les combats se tenaient hors des villes, souvent près d'une limite de comté pour compliquer l'intervention des magistrats, qui devaient alors franchir une frontière administrative.
Le lieu n'était annoncé qu'au dernier moment, parfois le matin même. Le public suivait, sur plusieurs dizaines de kilomètres, ce qui supposait de disposer d'un cheval ou d'une place dans une voiture.
Le cheval, condition d'accès au spectacle
Cette mobilité explique la présence massive d'attelages en bordure des scènes de combat peintes à l'époque.
Les voitures servaient aussi de tribunes : on montait sur le toit pour voir par-dessus la foule, et les meilleures places se négociaient. L'accès au sport dépendait donc directement du niveau de fortune, mesuré en chevaux.
Les chevaux restaient attelés pendant des heures, prêts à repartir en cas d'intervention des autorités.
Une passion anglaise pour le pari
Combats de boxe, courses de chevaux et combats de coqs relevaient du même univers du pari, qui traversait toutes les classes sociales et faisait circuler des sommes considérables.
Rowlandson a couvert ces trois domaines. Ses scènes montrent moins l'exploit sportif que la foule qui l'entoure, les paris qui se prennent et les visages qui suivent l'action. Cela en fait un observateur précieux des mœurs anglaises de la Régence.




