Peinte en 1821 par Théodore Géricault lors de son séjour à Londres, Le Derby d'Epsom est l'une des œuvres les plus célèbres de la peinture équestre. Conservée au musée du Louvre, elle représente quatre chevaux au galop suspendu — quatre jambes en l'air —, vision du mouvement précédant de cinquante ans la révolution photographique de Muybridge.
Contexte
Géricault séjourne à Londres en 1820-1821, fuyant le scandale du Radeau de la Méduse. Fasciné par les courses anglaises et leur peinture sportive (Stubbs, Marshall), il observe le Derby d'Epsom, course classique inaugurée en 1780.
Le galop suspendu
La toile montre quatre pur-sangs en pleine course, jambes étendues à l'horizontale dans un instant impossible. Cette représentation conventionnelle du galop, héritée de la tradition équestre anglaise, fut démentie en 1878 par les chronophotographies d'Eadweard Muybridge — qui prouva qu'aucun cheval ne galope ainsi.
Postérité
Acquise par le Louvre en 1866, l'œuvre est devenue l'archétype du \"galop volant\" pré-photographique. Elle figure dans les manuels d'histoire de l'art comme emblème d'une vision du mouvement révolue mais d'une beauté inégalée.




