
Pas vacciné, pas de concours : 300 chevaux de trait attendus au Sommet de l’Élevage le 6 octobre
Du mardi 6 au vendredi 9 octobre, la Grande Halle d’Auvergne, à Cournon-d’Auvergne près de Clermont-Ferrand, accueille le plus grand rassemblement de chevaux de trait d’Europe : 300 chevaux lourds et sept concours de races, dans un salon qui attend 120 000 visiteurs. La nouveauté de cette édition ne concerne pas le jugement mais l’entrée : un cheval non vacciné contre la rhinopneumonie ne concourt pas. Le monde du trait était le dernier de la filière française à ne pas l’exiger.
Sommet de l’Élevage 2026 : 300 chevaux de trait et sept concours de races du 6 au 9 octobre
Le Sommet de l’Élevage n’est pas un salon du cheval, et c’est précisément ce qui rend son pôle équin singulier. Le rendez-vous, installé à la Grande Halle d’Auvergne, à Cournon-d’Auvergne dans le Puy-de-Dôme, est d’abord le grand salon européen de l’élevage : 1 800 exposants, 240 000 m2 de surface, environ 2 000 animaux et 70 races pour cette 35e édition, du mardi 6 au vendredi 9 octobre 2026.
Dans cet ensemble, le cheval de trait occupe une place à part. Les organisateurs annoncent 300 chevaux lourds et sept concours de races, ce qui en fait le plus important rassemblement de chevaux de trait d’Europe. Comtois, ardennais et percherons sont cités nommément par le salon, et les neuf races de trait françaises reconnues sont représentées d’une année sur l’autre.
La différence avec un concours équestre tient en une phrase : ici, le cavalier ne monte pas. Les chevaux sont présentés en main, jugés à l’arrêt puis aux allures, sur leur conformité au modèle de leur race. C’est de l’élevage pur, et la valeur d’un cheval s’y décide sur une silhouette, des aplombs et une locomotion, pas sur un chronomètre. Pour comprendre ce que ces races pèsent réellement dans le paysage français, notre dossier sur le cheval de trait, ses races et son élevage reprend l’ensemble depuis le début.
Rhinopneumonie obligatoire : le vaccin qui conditionne l’entrée des chevaux de trait en piste
La nouveauté 2026 ne se voit pas sur le ring. Pour participer au Sommet de l’Élevage, la vaccination contre la rhinopneumonie équine est désormais obligatoire. L’exigence ne vient pas d’une loi : la rhinopneumonie n’est pas une maladie réglementée en France, et aucun texte n’impose de vacciner un cheval qui reste chez lui. Elle vient du règlement de l’événement, comme elle est venue avant lui de celui des autres organisateurs.
La presse agricole du Massif central, qui suit la saison des concours de trait, indique que cette obligation s’étendra progressivement aux autres concours et foires à partir de 2027. Autrement dit, ce qui se joue à Cournon cette semaine-là est un galop d’essai grandeur nature pour toute la filière trait.
Le coût n’est pas anodin pour un éleveur qui présente plusieurs chevaux. Dans le Puy-de-Dôme, l’Association des éleveurs de chevaux de trait s’est associée au groupement de défense sanitaire départemental pour créer une section chevaline et accompagner techniquement et financièrement cette année de transition.
La rhinopneumonie est due aux herpèsvirus équins, principalement le type 1. Elle se manifeste sous trois formes : respiratoire, abortive chez les juments gestantes, et nerveuse dans les cas les plus graves. Les vaccins disponibles en France visent la forme respiratoire et l’avortement, et réduisent l’excrétion du virus ; aucun ne revendique de protection contre la forme nerveuse, ce qui explique que la vaccination soit toujours présentée comme une mesure de troupeau et non comme un bouclier individuel. Notre fiche complète sur la rhinopneumonie équine et ses trois formes détaille les signes à reconnaître, et le protocole vaccinal est repris pas à pas dans la page dédiée à la vaccination contre la rhinopneumonie. Pour toute décision concernant un cheval précis, c’est le vétérinaire traitant qui tranche, pas un article.

- L’identification. Transpondeur en place et numéro qui correspond au document d’accompagnement : sans cela, rien ne commence.
- Le document d’accompagnement à jour. C’est lui qui porte les vaccinations, et c’est la page que personne n’ouvre avant la veille du départ.
- La primo-vaccination complète. Deux injections, pas une : un cheval en cours de protocole n’est pas un cheval vacciné.
- Le délai avant l’épreuve. Les règlements équins imposent en général un minimum de sept jours entre la dernière injection et l’entrée sur le site.
- La validité du rappel. La date du dernier rappel doit tomber dans la fenêtre exigée par le règlement, qui varie d’une instance à l’autre.
- Les autres valences exigées. Tétanos et grippe équine restent demandés par la plupart des organisateurs, indépendamment de la rhinopneumonie.
- L’état clinique du jour. Un cheval fiévreux, toussant ou abattu reste au camion, vacciné ou non : c’est la seule règle qui protège les 299 autres.
Comtois, ardennais, percheron : les races de chevaux de trait attendues à Cournon-d’Auvergne
Neuf races de trait françaises sont reconnues aujourd’hui : l’ardennais, l’auxois, le boulonnais, le breton, le cob normand, le comtois, le percheron, le trait poitevin mulassier et le trait du Nord. Le Sommet en réunit une bonne partie, avec un ancrage régional marqué pour les races du Massif central et de l’est.
Le comtois est le plus nombreux des traits français, alezan à crins lavés, très présent en Franche-Comté et dans le Massif central. L’ardennais est le plus trapu, bai ou rouan, réputé pour sa docilité. Le percheron, gris ou noir, est le plus exporté, et l’auxois, bourguignon, reste le plus confidentiel des quatre.
Ces morphologies ne sont pas des détails de catalogue : elles commandent les usages. Un cheval de débardage, un cheval de maraîchage attelé et un cheval de collecte urbaine ne demandent ni le même gabarit ni le même tempérament. Notre comparatif quelle race de cheval de trait choisir met les neuf races côte à côte, et le panorama des usages du cheval de trait au travail montre ce que ces chevaux font réellement aujourd’hui.
Un chiffre remet les choses à l’échelle : un trait adulte pèse entre 650 et 1 000 kg selon les races, et dépasse la tonne chez les plus lourds. La force réellement disponible au collier n’a pourtant rien à voir avec ce poids, comme l’explique notre article sur la force réelle d’un cheval de trait.
Concours de pointage jeunes le 7 octobre : apprendre à noter un cheval de trait à la main
Le mercredi 7 octobre, le salon lance un concours de pointage réservé aux jeunes. Le principe est simple : des participants de moins de 25 ans, sans aucune expérience requise, se placent devant un cheval de trait présenté en main et le notent selon la grille morphologique de sa race, comme le feraient les juges officiels.
L’objectif affiché est double : faire découvrir le jugement morphologique à des jeunes et à des passionnés, et préparer la relève des juges. Derrière la formule se cache un vrai problème de filière. Les juges de concours d’élevage sont peu nombreux, souvent âgés, et leur formation n’a longtemps reposé que sur le compagnonnage. Sans nouvelles vocations, ce sont les concours eux-mêmes qui s’arrêtent.
Pointer un cheval, c’est décomposer un animal en une dizaine de postes et mettre un chiffre sur chacun : tête et encolure, dessus et dos, poitrine et épaule, membres et aplombs, allures, tenue générale. La grille d’approbation des étalons percherons, par exemple, impose 62 points sur 100 pour qu’un mâle soit approuvé, un seuil que nous avons détaillé au moment du Championnat de France Percheron au Haras du Pin.

SHF, stud-books, FFE : le calendrier des obligations de vaccination des chevaux en France
Le trait est le dernier arrivé sur une liste qui s’allonge depuis quatre ans. La Société hippique française a rendu la vaccination contre la rhinopneumonie obligatoire au 1er janvier 2022 pour tous les chevaux et poneys engagés sur ses épreuves, des concours d’élevage aux cycles de valorisation des 4 à 6 ans, les foals présentés sous leur mère restant exemptés.
La même année, le stud-book Selle Français a imposé la vaccination à tous les équidés engagés sur ses épreuves, une règle que nous avons retrouvée en couvrant le championnat des foals de Saint-Lô. Du côté de la Fédération française d’équitation, l’obligation est entrée en vigueur en janvier 2024 pour la division Pro, puis le 1er janvier 2026 pour la division Amateur.
Les protocoles diffèrent d’une instance à l’autre, et c’est là que les éleveurs se trompent. La primo-vaccination est partout la même, deux injections espacées de 21 à 60 jours. Ensuite, les textes divergent : la SHF demande un premier rappel 4 à 6 mois après la seconde injection puis des rappels idéalement semestriels sans dépasser douze mois, quand le protocole relayé par les vétérinaires équins pour la FFE prévoit une troisième injection entre 120 et 180 jours puis un rappel annuel. Un cheval parfaitement en règle sur un circuit peut donc être refusé sur un autre.
D’où l’intérêt de tenir un relevé unique des dates plutôt que de fouiller un carnet papier la veille du départ : c’est exactement ce que centralise le carnet de santé numérique du cheval, et les mentions obligatoires sont rappelées dans notre guide du livret du cheval, le passeport officiel. Le calendrier complet des valences se trouve dans notre page sur les vaccins du cheval et leur rythme.
Le contexte sanitaire explique ce durcissement. Le 20 janvier 2026, le réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine a lancé un appel à vigilance renforcée : grippe équine active dans une quinzaine de départements depuis l’automne précédent, et herpèsvirose de type 1 signalée en parallèle dans les Côtes-d’Armor, la Moselle, le Bas-Rhin et la Haute-Vienne. Un rassemblement de 300 chevaux venus de toute la France est, par construction, le lieu où un virus respiratoire se diffuse le mieux.
Inscriptions, FERL, SFET : ce qui change aussi pour les éleveurs de chevaux de trait
La vaccination n’est pas la seule nouveauté de la saison 2026. La plateforme d’engagement a changé de main : les inscriptions aux concours de trait, longtemps déposées sur l’outil de la Société française des équidés de travail, passent désormais par le système de la Société hippique française. Les éleveurs doivent créer un compte et apprendre une interface qu’ils ne connaissent pas.
Les organisateurs, eux, doivent intégrer de nouvelles épreuves proposées par la fédération FERL, récemment créée pour les équidés de travail et de loisir. Cumulés à l’obligation vaccinale, ces changements font de 2026 une année de bascule administrative pour une filière qui compte beaucoup de petites structures.
Le Sommet ajoute par ailleurs un pôle santé animale à son édition 2026, avec une agora et un cycle de conférences. Le sujet n’est pas décoratif : l’élevage français traverse une période sanitaire tendue, et le cheval y est traité comme les autres espèces. Les ordres de grandeur de la filière équine, eux, sont réunis dans notre point sur l’élevage de chevaux en France et ses chiffres.
Pour qui veut voir ces chevaux ailleurs que sur un ring de salon, les élevages et haras du Puy-de-Dôme sont recensés dans notre annuaire des élevages et haras du département.
Ce que le Sommet de l’Élevage prépare pour les concours de chevaux de trait en 2027
Trois points ne sont pas tranchés à ce stade, et nous ne les inventerons pas. La liste exacte des sept concours de races et leurs horaires définitifs relèvent du programme de l’organisateur, susceptible d’évoluer jusqu’aux derniers jours. Le nombre de chevaux réellement présents ne sera connu qu’une fois les engagements clos : 300 est une annonce, pas un décompte.
Enfin, la généralisation annoncée pour 2027 n’a pas encore la forme d’un règlement publié concours par concours. Un éleveur qui prépare sa saison prochaine a tout intérêt à vérifier, foire par foire, quelle instance écrit le règlement et quel protocole elle retient, plutôt que de supposer que la règle du Sommet vaudra partout.
- Rendez-vous du mardi 6 au vendredi 9 octobre 2026 à la Grande Halle d’Auvergne, à Cournon-d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand.
- 300 chevaux lourds et sept concours de races : le plus grand rassemblement de chevaux de trait d’Europe, dans un salon de 1 800 exposants.
- Nouveauté 2026 : la vaccination contre la rhinopneumonie est exigée pour participer, et elle doit s’étendre aux autres concours et foires à partir de 2027.
- Le concours de pointage jeunes du mercredi 7 octobre est ouvert aux moins de 25 ans, sans expérience, pour préparer la relève des juges.
- Les protocoles vaccinaux diffèrent selon l’instance (SHF, stud-books, FFE) : c’est le règlement de l’épreuve qui fait foi, pas l’habitude.
Comtois, ardennais, percheron, boulonnais, trait du Nord : neuf races, neuf gabarits, neuf histoires. Notre dossier reprend l’élevage du cheval de trait race par race, avec les poids, les aplombs et les usages qui vont avec.
Sources : communication officielle du Sommet de l’Élevage 2026 (dates, chiffres du salon, pôle équin et concours de races), presse agricole du Massif central sur la saison des concours de chevaux de trait 2026 (obligation vaccinale, extension 2027, concours de pointage jeunes, changement de plateforme d’engagement), communiqués de la Société hippique française sur la vaccination rhinopneumonie, information des vétérinaires équins sur les protocoles de la Fédération française d’équitation, et appel à vigilance renforcée du réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine du 20 janvier 2026. Equirider n’est affilié ni au salon, ni aux organismes cités. Toute décision vaccinale concernant un cheval relève du vétérinaire traitant.
Pour aller plus loin : quiz cheval et concours équestres
En savoir plus sur Sommet de l'Élevage
Le quiz
Champion Stakes : Calandagan, interdit d'Arc car hongre, défend son …
One Million Euros at Stake: Can Vogel Become Only the Second to Comp…
Pourquoi Churchill a chargé à Omdurman sur un poney arabe, un pistol…
5 Étoiles de Pau 2026 : le seul concours complet 5* de France, sans …
At Le Mans, the Rider Isn't Judged: What Judges Really Watch in a Fo…Articles similaires
