Cette œuvre d'Anton Mauve, conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam, montre une charrette attelée sur un chemin de campagne néerlandais. Le peintre de l'école de La Haye a fait du transport rural l'un de ses motifs récurrents, aux côtés du labour et des troupeaux. La lumière diffuse et le sol détrempé situent la scène dans les polders, où la route et le cheval formaient un couple obligé.
Rouler dans un pays d'eau
Les Pays-Bas de la fin du XIXe siècle sont un pays de canaux, où une grande partie du transport de marchandises se fait par bateau.
La route sert au dernier kilomètre, celui qui relie la ferme au canal ou au village. Les chemins y sont souvent en terre, gorgés d'eau une bonne partie de l'année, ce qui rend la traction difficile et use les chevaux.
Une palette qui tient au climat
Mauve travaille dans des gris colorés, des bruns et des verts assourdis, sans contraste violent.
Ce choix correspond à la lumière réelle du littoral néerlandais, sous ciel couvert la majeure partie de l'année. Il permet aussi de faire tenir ensemble le cheval, la terre et le ciel dans une même matière, sans découpe nette.
Une peinture sans anecdote
Rien ne se passe dans ces tableaux : une charrette avance, un homme marche à côté, le chemin continue.
Ce refus du récit distingue l'école de La Haye de la peinture de genre du siècle précédent, qui cherchait toujours une historiette. Ici, le sujet est l'effort quotidien et la lumière qui l'enveloppe. Le Rijksmuseum conserve un ensemble important de ces toiles, qui documentent la campagne néerlandaise avant la mécanisation.




