Giovanni Fattori peint en 1873 cette scène de charrois dans la campagne romaine, conservée à la Galerie d'Art moderne. Le peintre livournais appartient au groupe des Macchiaioli, ces artistes toscans qui construisaient l'image par taches de couleur juxtaposées. Ses attelages de bœufs et de chevaux, saisis en plein soleil, comptent parmi ses sujets les plus constants.
Les Macchiaioli, avant les impressionnistes
Le groupe se forme à Florence dans les années 1850, autour du café Michelangiolo. Son nom vient de macchia, la tache, procédé consistant à poser des aplats contrastés plutôt qu'à modeler les formes.
Les Macchiaioli travaillent en extérieur et cherchent la lumière méditerranéenne dure, celle qui écrase les volumes et découpe les ombres. Ils précèdent de peu les impressionnistes français, sans lien direct avec eux.
Le travail attelé comme motif
Fattori revient sans cesse aux attelages : chars à bœufs de Maremme, chevaux de trait, charrettes chargées. Ces scènes ne sont ni pittoresques ni misérabilistes.
Il peint le harnachement avec exactitude, les colliers, les jougs, les traits tendus. Le travail y est montré pour ce qu'il est, un effort mesuré par la charge et la pente.
Un peintre de la Maremme et des militaires
Fattori a également produit de nombreuses scènes militaires, héritées des guerres d'indépendance italiennes, où la cavalerie occupe une place importante.
Ses chevaux militaires et ses chevaux de labour relèvent du même regard : des animaux au travail, jamais des symboles. Cette constance fait de son œuvre une source visuelle utile sur l'attelage italien du XIXe siècle.




