Diego Vélasquez peint vers 1631 ce portrait équestre d'Isabelle de France, épouse de Philippe IV d'Espagne, conservé au musée du Prado. La reine monte en amazone un cheval blanc au galop, dans un paysage de la sierra de Guadarrama. Le tableau faisait partie d'un ensemble de portraits royaux destinés au palais du Buen Retiro, où la famille régnante était représentée à cheval.
Le portrait équestre comme affirmation dynastique
À la cour d'Espagne, être peint à cheval n'est pas un choix esthétique mais un privilège réservé au souverain et à sa famille. La monture élève littéralement le modèle au-dessus du spectateur.
Vélasquez a peint ainsi Philippe IV, son épouse, leur fils Baltasar Carlos et le comte-duc d'Olivares. L'ensemble formait un programme visuel cohérent dans la grande salle du palais.
La monte en amazone
La reine est représentée assise de côté, les deux jambes du même bord, position imposée aux femmes de rang par la convenance de l'époque.
Cette assiette limite l'action sur le cheval : la cavalière dispose d'une jambe unique pour agir, et compense par la main et par une longue cravache. Monter ainsi un cheval au galop, comme le montre le tableau, demandait une réelle maîtrise.
La selle d'amazone à deux fourches, qui sécurisera vraiment cette position, n'apparaîtra qu'au XIXe siècle.
Une œuvre à plusieurs mains
Les historiens s'accordent sur une intervention d'atelier dans ce portrait, notamment pour le paysage et une partie du cheval.
Vélasquez dirigeait un atelier et signait des œuvres partiellement exécutées par ses collaborateurs, pratique courante dans les grandes commandes de cour. La tête de la reine et le traitement des étoffes lui sont généralement attribués en propre.




