Cette planche du cycle du Docteur Syntax, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1820, montre le héros ligoté à un arbre par des bandits de grand chemin, tandis que sa jument Grizzle reste à proximité. L'épisode reprend une peur réelle du voyage anglais de l'époque, celle de l'attaque sur la route, tout en la tournant en farce.
Les bandits de grand chemin, réalité et légende
Les highwaymen opéraient sur les routes isolées, arrêtant voitures et cavaliers à cheval, ce qui leur donnait un avantage de mobilité décisif.
Leur âge d'or se situe entre la fin du XVIIe et le milieu du XVIIIe siècle. À l'époque où Rowlandson dessine, le phénomène a fortement reculé, sous l'effet des patrouilles montées et de l'éclairage des grands axes. Il survit surtout dans l'imaginaire populaire.
Un crime qui dépendait du cheval
Le métier exigeait une monture rapide et endurante, capable de distancer une poursuite. Beaucoup de highwaymen célèbres doivent leur légende à leur cheval autant qu'à eux-mêmes.
La chevauchée de Dick Turpin de Londres à York, popularisée au XIXe siècle, est une invention romanesque, mais elle dit bien ce que le public attendait : que l'exploit soit d'abord équestre.
Grizzle, témoin impassible
Dans la planche, la jument ne s'enfuit pas et n'intervient pas. Cette passivité est le ressort comique.
Le cycle joue constamment de ce décalage entre l'emphase du texte de Combe et la banalité de ce que montre l'image. Syntax vit une aventure, sa monture attend que cela passe.




