Andrea del Castagno peint en 1455 ce monument en trompe-l'œil dans la cathédrale Santa Maria del Fiore de Florence, à côté de celui réalisé par Paolo Uccello dix-neuf ans plus tôt. Il honore Niccolò da Tolentino, condottiere qui commanda les troupes florentines à la bataille d'Anghiari en 1440. Comme son voisin, le cavalier et sa monture imitent une sculpture de pierre que Florence n'a jamais fait tailler.
Un pendant, pas une copie
Les deux fresques se répondent sur le même mur de la nef. Elles obéissent au même programme : commémorer un chef de guerre au service de la République par une statue peinte.
Castagno reprend le principe du socle en contre-plongée et de la grisaille imitant la pierre. Mais il durcit le trait, accentue les volumes et donne au cavalier une présence plus agressive que la retenue d'Uccello.
Le cheval comme démonstration de puissance
Là où Uccello montrait un cheval à l'amble, posé et régulier, Castagno choisit une monture cabrée dans son mouvement, l'encolure tendue et la crinière relevée.
Cette différence traduit deux conceptions du portrait de condottiere. L'un incarne l'autorité tranquille du commandement, l'autre l'élan du combat. Les deux fresques offrent ainsi un point de comparaison rare sur la façon de représenter le cheval de guerre au Quattrocento.
Un genre venu de l'Antiquité
Le portrait équestre commémoratif remonte à Rome, dont la statue de Marc Aurèle du Capitole était le modèle connu de tous les artistes de la Renaissance.
Florence, république sans roi, réactive ce langage impérial pour ses chefs mercenaires. Ces deux fresques préparent les grands monuments équestres en bronze qui suivront, comme le Gattamelata de Donatello à Padoue et le Colleone de Verrocchio à Venise.




