Cette œuvre de Jacob Maris, conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam, montre un ramasseur de coquillages sur une plage néerlandaise, sa charrette tirée par un cheval au bord de l'eau. Maris est l'un des trois frères peintres de l'école de La Haye. Le motif du cheval sur le sable, entre mer et dune, appartient au répertoire commun de ce groupe.
Un métier de l'estran
Le ramassage des coquillages se pratiquait à marée basse, sur la laisse de mer. Les coquilles servaient à produire de la chaux, matériau de construction, ou à amender les sols acides de l'arrière-pays.
Le travail exigeait une charrette et un cheval capables d'évoluer sur sable mouillé, terrain instable où l'animal s'enfonce et où la roue peine. Il fallait aussi surveiller la marée, qui remonte vite sur ces plages très plates.
Le cheval sur la plage
Les peintres de La Haye ont beaucoup représenté ces attelages littoraux, notamment à Scheveningen où les chevaux tiraient les barques de pêche hors de l'eau, faute de port en eau profonde.
Ce travail était rude : traction dans le ressac, sel qui attaque le cuir des harnais, sable qui use les articulations. Il a duré jusqu'à la construction des ports modernes, et subsiste sous forme folklorique dans certaines communes côtières, notamment pour la pêche à la crevette à cheval en Belgique.
Les trois frères Maris
Jacob, Matthijs et Willem Maris forment une fratrie de peintres, tous liés à l'école de La Haye mais de tempéraments distincts.
Jacob, l'aîné, est le paysagiste le plus reconnu du groupe, connu pour ses ciels immenses occupant les deux tiers de la toile. Willem s'est spécialisé dans les vaches et les canards, Matthijs a viré au symbolisme après son installation à Londres. Leurs marines et vues de villes hollandaises figurent dans la plupart des grands musées néerlandais.




