Cette œuvre d'Anton Mauve, conservée au Rijksmuseum d'Amsterdam, représente un mallejan, ce véhicule à deux grandes roues utilisé aux Pays-Bas pour transporter les troncs d'arbres. Le tronc est suspendu sous l'essieu plutôt que posé sur un plateau. L'engin, tiré par un ou plusieurs chevaux, appartient au vocabulaire du débardage forestier néerlandais du XIXe siècle.
Un engin conçu pour le bois long
Le mallejan, appelé aussi triqueballe en français, se compose de deux roues de grand diamètre reliées par un essieu et d'un timon.
Le tronc est sanglé sous l'essieu, ce qui le soulève partiellement du sol. Une partie du poids repose encore sur le sol par l'extrémité arrière, mais la friction est fortement réduite. C'est ce compromis qui permet de déplacer des pièces de plusieurs centaines de kilos avec un attelage modeste.
De grandes roues, une nécessité
Le diamètre des roues n'est pas ornemental. Plus la roue est haute, mieux elle franchit les ornières et les racines, et plus le bras de levier facilite le démarrage de la charge.
Sur sol forestier meuble, une petite roue s'enfonce et bloque. Les charrois de bois européens partagent cette caractéristique, du triqueballe français au timber wheels britannique.
Le débardage, travail dangereux
Le débardage à cheval reste l'un des travaux les plus accidentogènes de la forêt, pour l'homme comme pour l'animal.
La charge peut rouler, le timon fouetter, l'attelage déraper en descente. Cette technique n'a pas disparu : elle revient aujourd'hui sur les parcelles fragiles, où l'engin mécanique tasserait trop le sol, et se pratique avec des chevaux de trait lourds.




