Cette aquarelle de Paul Sandby, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1780, montre un campement militaire installé dans St James's Park, en plein Londres. Tentes, soldats et chevaux occupent le parc royal. La scène documente un épisode précis : le déploiement de troupes dans la capitale après les émeutes de Gordon, en juin 1780.
Un parc royal transformé en camp
En juin 1780, Londres est secouée par les émeutes anti-catholiques dites de Gordon, les plus violentes de son histoire moderne. Plusieurs centaines de morts, des prisons incendiées, la Banque d'Angleterre attaquée.
Le gouvernement fait entrer l'armée dans la capitale et installe des campements dans les parcs. St James's Park, Hyde Park et Green Park se couvrent de tentes pendant plusieurs semaines.
La cavalerie en maintien de l'ordre
Les unités montées jouaient un rôle particulier dans ces opérations : mobilité, effet dissuasif, capacité à disperser une foule sans tirer.
Cette fonction de police par la cavalerie durera jusqu'au XXe siècle dans la plupart des pays européens. Elle explique le maintien d'escadrons montés dans des forces de police longtemps après la disparition militaire du cheval.
Sandby témoin de son temps
Sandby vivait à Londres et a saisi l'événement sur le vif, sans en faire une composition héroïque.
Ses aquarelles de campements sont aujourd'hui utilisées comme sources sur l'équipement, les tentes et l'organisation d'un bivouac urbain au XVIIIe siècle. Le Yale Center for British Art en conserve plusieurs, issues de la collection Paul Mellon.



