Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1790, montre une revue militaire sur la place d'un marché. Officiers montés, troupe alignée et badauds occupent l'espace habituellement réservé au commerce. Ces inspections publiques étaient fréquentes en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle, période où la milice et les volontaires se réorganisaient face à la menace continentale.
La revue, spectacle autant qu'inspection
Passer les troupes en revue servait à vérifier l'équipement et l'instruction, mais aussi à montrer la force publique aux habitants.
Sur une place de marché, l'exercice prenait un tour théâtral. Les officiers à cheval dominaient la scène, et la foule venait regarder comme on va au spectacle.
Le cheval comme marqueur de grade
Dans l'armée britannique de cette période, monter à cheval distinguait immédiatement l'officier du fantassin. La monture n'était pas fournie : l'officier l'achetait sur ses deniers.
Le prix d'un cheval convenable représentait plusieurs mois de solde, ce qui contribuait à réserver le corps des officiers aux familles aisées. La qualité de la monture signalait donc autant le rang social que la fonction.
Une Angleterre en armes
Les années 1790 voient se multiplier les corps de volontaires et de yeomanry, cette cavalerie territoriale recrutée parmi les fermiers propriétaires de leur cheval.
Ces unités mêlaient service militaire et maintien de l'ordre. Rowlandson les a croquées à plusieurs reprises, souvent avec ironie, en soulignant l'écart entre la solennité de l'exercice et la maladresse des participants.




