Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1790, montre l'intérieur d'une écurie d'auberge. Palefreniers, chevaux au repos et voyageurs s'y croisent dans la pénombre. L'écurie était le véritable moteur de l'auberge de relais anglaise, celui qui garantissait la continuité du voyage et faisait vivre l'établissement.
Le cœur économique de l'auberge
Une auberge de poste importante entretenait plusieurs dizaines de chevaux. Elle en louait, en logeait, et vendait le fourrage aux voyageurs de passage.
Ce commerce dépassait souvent les recettes de la table et des chambres. Le maître de poste était d'abord un marchand de chevaux et un loueur, accessoirement un hôtelier. La valeur de son établissement se comptait en têtes disponibles.
Le travail de l'écurie
Les palefreniers déharnachaient, bouchonnaient, faisaient boire, distribuaient l'avoine et le foin, curaient les pieds et refaisaient les litières, souvent de nuit.
Un cheval rentré en sueur et laissé sans soin risquait la fourbure ou une affection respiratoire. Le savoir-faire de ces employés conditionnait la valeur du cheptel, et donc la réputation de la maison auprès des compagnies de diligence.
Ce personnel était logé sur place, souvent au-dessus des boxes, dans des conditions rudes.
Une lumière de clair-obscur
Rowlandson traite l'espace en contre-jour, avec une ouverture lumineuse au fond et des masses sombres au premier plan.
Le procédé, courant dans les scènes d'écurie du XVIIIe siècle, doit beaucoup à la peinture hollandaise du siècle précédent, qui avait fait de l'étable et de l'écurie un sujet à part entière. Rowlandson en reprend le dispositif en y ajoutant sa nervosité de dessinateur et son goût du détail comique.




