Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1812, représente le village de St Kew en Cornouailles, son église et la route qui le traverse. La feuille relève du paysage topographique plutôt que de la caricature. Cavaliers et attelages y tiennent le rôle d'échelle, comme dans la plupart des vues anglaises de cette période.
Le voyage en Cornouailles
Rowlandson a parcouru l'Angleterre en tous sens, carnet en main, seul ou avec des compagnons. La Cornouailles, éloignée de Londres, restait une destination longue à atteindre.
Ces tournées produisaient des centaines de feuilles, dont beaucoup servaient ensuite de base à des planches gravées et publiées. La topographie était un marché éditorial actif.
Le cheval comme unité de mesure
Dans le paysage topographique, cavaliers et attelages servent à donner l'échelle des bâtiments et de la route.
Leur présence n'est pas décorative : elle renseigne sur la largeur praticable du chemin, sur la pente et sur la nature du trafic. Un village desservi par des attelages n'a pas le même statut économique qu'un hameau accessible seulement à cheval.
Une autre facette de Rowlandson
On retient surtout de Rowlandson ses caricatures grinçantes. Ses paysages, plus sobres, occupent pourtant une part considérable de son œuvre.
Ils montrent un dessinateur attentif à l'architecture, à la lumière et aux usages. Le Yale Center for British Art en conserve un ensemble important, réuni par Paul Mellon, qui permet de suivre ses itinéraires à travers le pays.



