Il y a deux façons de perdre du temps avec un logiciel équestre. Choisir le mauvais. Ou continuer sans.
La deuxième est la plus fréquente. Beaucoup de structures tiennent encore leurs reprises sur un cahier, leurs factures sur un tableur et le suivi sanitaire des chevaux dans leur tête. Ça marche, jusqu’au contrôle, jusqu’à l’impayé qu’on avait oublié, jusqu’au vaccin passé de trois semaines.
Ce comparatif recense les solutions réellement disponibles en France et en Europe, avec les tarifs affichés publiquement sur le site de chaque éditeur, relevés le 11 octobre 2026. Quand un éditeur ne publie pas ses prix, c’est écrit noir sur blanc plutôt que deviné.
Et surtout : 2026 n’est pas une année comme les autres. Deux obligations entrent en vigueur et elles disqualifient une partie des outils du marché. On commence par là, parce que ça change le classement.
En bref, pour un club d’équitation ou un poney-club (prix relevés le 11 octobre 2026 sur le site de chaque éditeur) :
- Petit budget : Horsio à 15 € par mois jusqu’à 70 cavaliers, ou Equionline à 7,70 € HT par mois pour 10 chevaux (8,50 € avec le planning des reprises).
- Tout compris, sans calcul : Mes-écuries.com, 20 € HT par mois, chevaux et cavaliers illimités.
- Chevaux gratuits, facturation à part : Equimondo, de 19 à 45 € HT par mois selon le nombre de cavaliers réguliers.
- Licences envoyées à la FFE depuis le logiciel : Kavalog, agréé par la Fédération, dès 39 € HT par mois.
- Aucun abonnement : Ekurie prend une commission sur ce que vous encaissez par la plateforme, plafonnée à 300 € par mois.
- Club associatif loi 1901 : un logiciel d’association (SimpliAsso dès 19 € TTC par mois, MonClub, AssoConnect) gère mieux les adhésions et l’assemblée générale qu’un logiciel équestre.
Ce qu’un logiciel de club d’équitation doit savoir faire
Un club ne gère pas des chevaux, il gère des créneaux. Le lundi à 18 heures, il faut savoir qui monte, sur quel poney, qui a prévenu de son absence et qui a encore des séances sur sa carte. C’est là que se joue le choix, bien avant le prix. Huit fonctions séparent un vrai logiciel de club d’un simple fichier de clients.
- Le planning des reprises et le montoir. Créer les reprises de la saison une fois, affecter les cavaliers, puis les chevaux. Les meilleurs proposent un montoir automatique qui répartit la cavalerie sans faire travailler deux fois le même poney. Vérifiez qu’il s’imprime et qu’il s’affiche sur un écran à l’accueil.
- Les cartes, forfaits et abonnements débités seuls. Une carte de dix séances doit se décompter toute seule à chaque reprise. Sinon, vous la recompterez à la main en fin de trimestre.
- Les absences et les rattrapages. Le cavalier prévient, la place se libère, le rattrapage se propose. C’est la fonction que les secrétariats citent le plus, et celle que les logiciels généralistes n’ont pas.
- Les inscriptions et réinscriptions en ligne. En juin, la réinscription de 200 cavaliers sur papier coûte plusieurs soirées. En ligne, avec paiement, elle se fait en quelques jours.
- Les licences FFE. Tous suivent la licence de chaque cavalier. Un seul, parmi les sites que nous avons relus, annonce l’envoi direct des licences à la Fédération depuis le logiciel : Kavalog, agréé FFE. Pour les autres, la saisie continue dans le Club SIF de la FFE.
- Les familles. Au poney-club, celui qui paie n’est pas celui qui monte. Le logiciel doit regrouper deux ou trois enfants sous un même payeur, avec une seule facture.
- Le paiement en ligne et le prélèvement. Carte bancaire, prélèvement, paiement en plusieurs fois, chèques vacances. Moins vous encaissez à la main, moins vous relancez.
- La cavalerie et le registre d’élevage. Nombre de reprises par cheval et par semaine, soins, vaccins, maréchal, et le registre d’élevage obligatoire. Un poney qui enchaîne quatre reprises un samedi se voit d’abord dans le logiciel.
Ajoutez une neuvième question, qui devient urgente cette année : comment le logiciel gère la facture électronique. On y vient juste en dessous.
Ce que 2026 impose (et que peu d’éditeurs ont anticipé)
Le passeport du cheval devient numérique
La Fédération Équestre Internationale a lancé Equipass en janvier 2026 : un passeport numérique qui centralise l’identification du cheval, son historique médical, ses vaccins, sa localisation et ses documents de transport dans une seule application. Il concerne d’abord tous les chevaux enregistrés FEI. L’extension aux populations nationales, via les fédérations, est annoncée entre fin 2027 et début 2028.
Traduction : le carnet papier a une date de péremption. La bonne question à poser à un éditeur en 2026 n’est plus « est-ce que vous gérez les vaccins », c’est « est-ce que mes données sortiront de chez vous le jour où il faudra les verser ailleurs ».
La vaccination grippe se déclare en ligne, sous peine de sanction
Depuis janvier 2026, l’enregistrement numérique des vaccinations est obligatoire dans la FEI HorseApp. Un cheval présenté sur un événement FEI sans vaccination grippe correctement enregistrée expose son Responsable à une sanction. Ce n’est plus une recommandation.
La facture électronique : la réception est déjà obligatoire
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir des factures électroniques. L’obligation d’en émettre suit au 1er septembre 2027 pour les PME et les micro-entreprises, c’est-à-dire pour la quasi-totalité des centres équestres. Les factures transitent par une plateforme agréée par l’administration, dans un format structuré comme Factur-X, UBL ou CII. Un PDF envoyé par mail ne suffira plus.
Pour un club, une nuance change tout. L’essentiel du chiffre d’affaires vient de cavaliers particuliers, et ces ventes-là ne passent pas en facture électronique : elles font l’objet d’une transmission de données à l’administration, le e-reporting. La facture électronique concerne surtout vos achats (foin, paille, maréchal, vétérinaire) et vos ventes à des professionnels, comme une pension facturée à une société ou un stage vendu à un comité d’entreprise.
La question à poser avant de signer : « Par quelle plateforme agréée passez-vous, et le e-reporting est-il inclus ? » Notez la réponse et sa date.
Au 11 octobre 2026, Mes-écuries.com (Factur-X et PEPPOL), Equimondo (réception en Factur-X, UBL et CII), Equionline, GestEquit (avec la plateforme agréée IOPOLE), Cavalisio (dans sa formule à 89 €) et Ekurie l’annoncent sur leur site. Côté belge, Equicty aussi. Les autres n’en disent rien publiquement, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne sont pas prêts.
Les trois marchés qu’on confond tout le temps
Un gérant de poney-club et un propriétaire d’un seul cheval n’ont pas le même problème. Pourtant on leur vend souvent le même mot : « logiciel équestre ». Il y a en réalité trois marchés distincts.
| Segment | Le besoin | Ce que ça coûte |
|---|---|---|
| A. Gérer une structure centre équestre, poney-club, écurie de propriétaire | Planning des reprises, facturation, impayés, licences FFE, registre d’élevage | 7,70 à 200 € HT/mois, 15 à 45 € pour un club moyen |
| B. Gérer un élevage haras, éleveur, entraîneur | Gynécologie, saillies, poulinages, contrats d’étalon, SIRE | Sur devis |
| C. Suivre son cheval propriétaire particulier | Carnet de santé, vaccins, maréchal, dépenses, partage avec les pros | Gratuit à quelques euros par mois |
Choisir dans le mauvais segment, c’est payer 45 € par mois un outil de facturation quand on voulait juste ne plus oublier un vermifuge.
Le tableau comparatif
Prix affichés sur le site de chaque éditeur, relevés le 11 octobre 2026. HT sauf mention contraire. « Non public » signifie que l’éditeur ne publie pas de prix.
| Logiciel | Segment | Pays | Prix affiché (11/10/2026) | Facture électronique annoncée |
|---|---|---|---|---|
| Equionline | A | France | 7,70 €/mois pour 10 chevaux, puis 0,77 € par cheval | Oui |
| Horsio | A | France | 15 à 40 €/mois selon le nombre de cavaliers (TVA non applicable), facturé à l’année | Non trouvé |
| Equimondo | A | France | Chevaux gratuits ; facturation de 19 à 45 €/mois | Oui (Factur-X, UBL, CII) |
| Mes-écuries.com | A | France | 20 €/mois tout compris | Oui (Factur-X, PEPPOL) |
| Kavalog | A | France | Dès 39 €/mois (Start), autres offres sur devis | Non trouvé |
| Cavasoft | A | France | 39 €/mois | Non trouvé |
| StillHorse | A | France | 49 €/mois tout inclus | Non trouvé |
| Cavalisio | A | France | 49, 89 ou 149 €/mois (tarifs indicatifs) | Oui, dès la formule à 89 € |
| Equirol | A | France | 49,99 à 199,99 €/mois selon le nombre de chevaux | Non trouvé |
| HoofPlanner | A | France | 59 €/mois ou 590 €/an | Non trouvé |
| MyStableOS | A | France | 79 à 139 €/mois | Non trouvé |
| Ekurie | A | France | Pas d’abonnement : commission sur le CA encaissé, de 5 à 300 €/mois | Oui |
| Céléris | A | France | Non public | Non trouvé |
| GestEquit | A | France | Non affiché | Oui (via la plateforme agréée IOPOLE) |
| Equestrions | A | France | Non affiché, essai de 60 jours | Non trouvé |
| Pegasys Equestrian | A | France | Non relevé | Non relevé |
| EquiBase | A | France | Gratuit (logiciel de bureau) | Non |
| SimpliAsso | Association | France | 19 à 159 € TTC/mois selon les adhérents | Sans objet |
| MonClub | Association | France | Sur devis sous 100 adhérents, puis dès 39,60 € TTC/mois | Sans objet |
| AssoConnect | Association | France | Non relevé | Sans objet |
| Bookicorn | Réservation | France | Formule gratuite, puis selon le nombre de réservations | Sans objet |
| Groomy | B et C | France | Non public | Non annoncé |
| O-Haras | B | France | Non public | Non annoncé |
| Equitazone | C | France | Gratuit pour 1 cheval, puis Premium | Sans objet |
| Happie Horse | C | Allemagne | Non public | Sans objet |
| HoCaPa | C | France | Non public | Sans objet |
| Equicty | A | Belgique | Non public | Oui (Peppol) |
| EquineM | A | Pays-Bas | Non public | Non annoncé |
| StablePulse | A | Pays-Bas / Belgique | Non public | Conformité NVWA/RVO |
| Yardman | A et B | Royaume-Uni | Dès 75 £ HT/mois (50 chevaux) | Sans objet |
| LIVERYLive | A | Royaume-Uni | Non public | Sans objet |
| equitano | A | Allemagne | Non public | Sans objet |
| GESTHIP | A | Espagne | Non public | Sans objet |
| GLENN | A et B | Italie | Non public | Sans objet |
| Nasza Stajnia | A | Pologne | Non public | Sans objet |
Segment A : gérer un centre équestre, un club d’équitation ou une écurie de propriétaire
Equionline : le ticket d’entrée le moins cher, calculé au cheval
Le prix suit le nombre de chevaux, pas le nombre d’utilisateurs : 7,70 € HT par mois pour 10 chevaux, puis 0,77 € par cheval, jusqu’à 154 € pour 200 chevaux. Trois offres : Essentiel (facturation, clients, registre d’élevage), Avancé qui ajoute le planning des reprises et des chevaux (8,50 € HT par mois pour 10 chevaux), et Complet avec un site internet pour les cavaliers. 8 % de remise à l’année, 31 jours d’essai sans carte bancaire. Édité depuis Metz par une équipe de cavaliers.
Sa force : le prix, et une facture électronique désormais annoncée comme conforme à la réforme.
Sa limite : un club de 40 poneys paie déjà 34 € HT par mois avec le planning, ce qui le rapproche des concurrents tout compris. Faites le calcul avec votre propre cavalerie.
Horsio : le prix au nombre de cavaliers
Toutes les fonctions sont incluses dès le premier palier, et c’est le nombre de cavaliers qui fixe le prix : 15 € par mois jusqu’à 70 cavaliers, 25 € de 70 à 150, 40 € de 150 à 240, facturé à l’année (TVA non applicable). Le catalogue regroupe cours, pensions, cartes de séances, cotisations et licences, demi-pensions et location de ressources comme un box, un van ou une carrière.
Sa force : le prix le plus bas du marché pour un petit club qui monte beaucoup de cavaliers sur peu de chevaux.
Sa limite : un acteur récent, sans position publique sur la facture électronique au moment du relevé.
Mes-écuries.com : 20 € HT tout compris
20 € HT par mois, tout compris, chevaux et cavaliers illimités. Dix ans d’existence, plus de 300 centres équestres. Conçu avec des gérants et des experts-comptables, ce qui se sent dans les exports comptables.
Planning et reprises, suivi sanitaire (soins, vaccins, registre d’élevage), gestion des cavaliers et de leurs licences, cartes de séances, absences, facturation automatisée avec paiement en ligne.
Sa force : un prix unique, sans calcul, et une compatibilité Factur-X et PEPPOL affichée depuis longtemps. Il a été l’un des premiers éditeurs français à l’écrire noir sur blanc.
Sa limite : positionné sur le centre équestre classique ; une grosse écurie de course ou un haras y trouvera moins son compte.
Equimondo : les chevaux gratuits, la facturation à part
Equimondo a changé de modèle. Tout ce qui touche aux chevaux est gratuit, sans limite de durée : soins, rappels, alimentation, planning des reprises et des stages, inscriptions et réinscriptions en ligne, suivi pédagogique des cavaliers, site internet. La facturation se paie à part, de 19 à 45 € HT par mois en trois paliers selon le nombre de cavaliers réguliers à l’année ; les cavaliers de passage ne sont pas comptés. Elle comprend les pensions automatisées, les cartes et forfaits débités seuls, la signature électronique, l’export comptable et le paiement en ligne. Sans engagement, sans frais d’installation.
Sa force : un club peut tout tester sans payer, et la réception des factures fournisseurs en Factur-X, UBL et CII est déjà prise en charge. C’est aussi l’un des rares à proposer une version pour les maréchaux-ferrants et les moniteurs indépendants.
Sa limite : au palier haut, 45 € par mois, il redevient plus cher que Mes-écuries pour un périmètre comparable.
Kavalog : le seul agréé par la Fédération
À partir de 39 € HT par mois pour l’offre Start ; les offres Basic et CE sont sur devis. Vingt ans d’expérience, plus de 1 300 structures équipées, une équipe de quatorze personnes basée aux Ulis.
Ce qui le distingue vraiment : Kavalog est agréé FFE et partenaire GHN. L’envoi des licences à la Fédération se fait depuis le logiciel. Le reste est complet : inscriptions en ligne, facturation automatisée, suivi de l’activité des équidés relié au planning des cours, conformité loi anti-fraude et RGPD, registre d’élevage. Il existe en version bureau et en version web.
Sa force : l’agrément FFE et l’envoi direct des licences. Pour un club affilié, c’est une charge administrative qui disparaît.
Sa limite : le prix d’entrée est le plus élevé du panel français, et l’opacité tarifaire au-delà de l’offre Start oblige à passer par un commercial.
Céléris : la garantie satisfait ou remboursé
Édité depuis Grenoble. Le prix n’est pas affiché : il faut demander un essai gratuit. Planning des cours et des événements, gestion des cavaliers et des licences, réservations et paiements en ligne, facturation automatisée avec export comptable, abonnements, tableaux de bord clients.
Sa force : un remboursement garanti dans le mois qui suit la souscription. C’est rare, et ça engage l’éditeur.
Sa limite : l’absence de tarif public. Sur un marché où trois concurrents affichent leurs prix, ça oblige à un appel commercial pour savoir si on est dans le budget.
Ekurie : pas d’abonnement, une commission
Le seul du comparatif à ne pas vendre d’abonnement. L’écurie paie une commission progressive sur le chiffre d’affaires qu’elle encaisse par la plateforme, avec un plancher de 5 € par mois dès 1 000 € de chiffre d’affaires et un plafond de 300 € par mois. Trente jours pour tester, puis il suffit d’ajouter un RIB. Les cavaliers et les propriétaires ne paient rien.
Gestion des chevaux et dossiers de santé, planning et réservations, clients, équipe avec rôles, demi-pensions, communication interne, facturation et paiements en ligne, statistiques. Application mobile. La facture électronique est annoncée.
Sa force : une petite structure qui encaisse peu paie très peu.
Sa limite : un gros club qui fait passer tous ses paiements par la plateforme peut atteindre le plafond, soit quinze fois un abonnement à 20 €. À calculer sur votre chiffre d’affaires réel avant de vous engager.
La nouvelle vague 2025-2026 : Cavalisio, Equirol, StillHorse, HoofPlanner, MyStableOS, Cavasoft
En un an, une demi-douzaine d’éditeurs sont arrivés sur ce marché, souvent avec une interface plus moderne et un prix affiché. Tous ciblent explicitement les centres équestres et les poney-clubs.
- Cavalisio : trois formules à 49, 89 et 149 € HT par mois (tarifs indicatifs, ajustés à la taille). La facture électronique arrive avec la formule à 89 €, le paiement en ligne des adhérents et leur espace personnel avec celle à 149 €.
- Equirol : de 49,99 € HT par mois jusqu’à 20 chevaux à 199,99 € pour un nombre illimité, en passant par 99,99 € jusqu’à 80 chevaux. Trente jours d’essai, hébergement en France.
- StillHorse : 49 € HT par mois tout inclus, trente jours d’essai. Il propose aussi une application pour les cavaliers, avec détection de chute.
- HoofPlanner : 59 € par mois ou 590 € par an, cavaliers, chevaux et moniteurs illimités, planning automatique.
- MyStableOS : de 79 à 139 € par mois selon le nombre de chevaux, de membres d’équipe et d’élèves.
- Cavasoft : 39 € HT par mois, avec un discours tourné vers les gérants peu à l’aise avec l’informatique.
Leur limite commune : peu de recul. Avant de migrer dix ans d’historique, demandez combien de structures utilisent déjà l’outil et comment vous récupérez vos données si vous partez.
GestEquit, Equestrions, Pegasys : trois offres sans prix public
GestEquit relie la facturation aux séances, et annonce la facture électronique grâce à un partenariat avec IOPOLE, une plateforme agréée. Il propose aussi un espace propriétaire payant pour le suivi des soins. Equestrions réunit le centre, ses cavaliers et les propriétaires sur la même application, avec un essai de 60 jours et des données hébergées en France. Pegasys Equestrian se présente comme un logiciel de planning pour centre équestre. Aucun des trois n’affiche de tarif lisible sur sa page d’accueil au moment du relevé : il faut les contacter.
Logiciel de centre équestre gratuit : ce qui existe vraiment
Oui, on peut gérer un centre équestre sans payer d’abonnement, mais chaque gratuité a sa condition. Equimondo ne fait rien payer pour la gestion des chevaux, du planning et des inscriptions : seule la facturation est payante. Ekurie n’a pas d’abonnement et ne prélève qu’une commission sur ce que vous encaissez par la plateforme. Bookicorn a une formule gratuite pour la réservation. EquiBase reste un logiciel de bureau gratuit, installé sur un poste, sans réservation en ligne ni synchronisation, et rien qui prépare à la facture électronique.
Le vrai coût d’un outil gratuit se paie ailleurs : le temps de ressaisie, et la migration le jour où il ne suffit plus.
Equirider Pro : à côté du logiciel de gestion, pas à sa place
Nous éditons aussi un outil pour les structures équestres, et il serait malhonnête de ne pas le dire. Equirider Pro n’est pas un logiciel de gestion : il ne tient ni le planning des reprises ni la facturation. C’est un agent IA qui répond aux messages des cavaliers, présente vos tarifs, prend les rendez-vous, publie vos articles et répond à vos avis Google. Il se branche donc à côté de l’un des logiciels de ce comparatif, pas à sa place. Comme nous sommes juge et partie, nous ne lui donnons pas de note : tout est décrit sur la page Equirider Pro. Pour vos cavaliers, l’assistant IA offert aux centres équestres est gratuit.
Club associatif : un logiciel d’association peut suffire
Une bonne partie des clubs d’équitation sont des associations loi 1901. Leur quotidien ressemble autant à celui d’un club de tennis qu’à celui d’une écurie : adhésions, cotisations, assemblée générale, bénévoles, subventions. Pour eux, un logiciel d’association généraliste peut faire le travail, à condition d’accepter de gérer la cavalerie à part.
SimpliAsso
Quatre formules affichées selon le nombre d’adhérents : 19 € TTC par mois jusqu’à 50 adhérents, 49 € jusqu’à 150, 99 € jusqu’à 500, 159 € sans limite. Essai de 14 jours, sans engagement. L’éditeur présente une page dédiée aux clubs et centres équestres.
MonClub
Tarif calculé sur le nombre d’adhérents, payé à l’année ou au mois. Sur devis sous 100 adhérents, 39,60 € TTC par mois de 100 à 250 adhérents en paiement annuel, puis par tranches. Il se présente comme un logiciel de club d’équitation associatif et de poney-club.
AssoConnect
Le plus connu des logiciels d’association en France, avec une page consacrée aux clubs d’équitation. Ses tarifs ne se lisent pas sans navigateur, nous ne les avons donc pas relevés.
Bookicorn
Une plateforme de réservation multi-activités, avec une formule gratuite et des formules payantes calculées sur le nombre de réservations par mois (1 € par réservation au-delà du quota). Utile pour vendre des stages ou des balades en ligne, moins pour tenir un planning de reprises à l’année.
La limite est la même pour les quatre : ni montoir, ni registre d’élevage, ni suivi des soins. Un club qui a plus de quinze chevaux finit en général par revenir vers un logiciel équestre.
Segment B : gérer un élevage, un haras, une écurie d’entraînement
Groomy : le poids lourd français
Créé en 2018 par Equidéclic. Plus de 6 000 utilisateurs et environ 100 000 chevaux gérés : c’est, de loin, le plus déployé du marché français.
Import des données depuis le SIRE, tenue du registre d’élevage, traçabilité sanitaire complète (vaccins, vermifuges, tests, maréchal), conservation des ordonnances, facturation professionnelle, suivi de la reproduction et gestion commerciale des étalons. Disponible sur smartphone, tablette et ordinateur.
Sa force : la couverture fonctionnelle et la connexion au SIRE, qui fait gagner un temps considérable à la saisie.
Sa limite : les prix ne sont pas affichés, avec des grilles séparées pour les particuliers et les professionnels. Et un propriétaire d’un seul cheval risque de payer pour un outil pensé pour des éleveurs.
O-Haras : la reproduction dans le détail
Pour les haras, éleveurs, entraîneurs, propriétaires, vétérinaires et étalonniers. Le suivi gynécologique des poulinières sur toute la saison de monte : échographies, chaleurs, observations sur l’utérus, le col et les ovaires, saillies, jusqu’à la naissance du poulain. Gestion des contrats de saillie et du planning des étalons.
Sa force : la finesse du suivi de reproduction. C’est un outil d’éleveur, écrit par des gens qui connaissent une saison de monte.
Sa limite : hors élevage, il est surdimensionné. Prix non public.
Segment C : suivre son cheval quand on est propriétaire
C’est le segment qui a le plus bougé depuis deux ans. Le tri y est simple à faire : comptez les chevaux inclus dans l’offre gratuite, et regardez si vous pouvez partager le carnet avec votre vétérinaire.
Equitazone : le calendrier partagé bien vu
Lancée en décembre 2023 par une ingénieure en informatique également cavalière. La version gratuite fonctionne avec un seul cheval : calendrier, carnet de suivi et une partie des rappels. Un mois de Premium est offert à l’inscription.
L’idée forte est ailleurs : le calendrier est partagé avec les tiers qui s’occupent du cheval, et le carnet de santé se génère automatiquement à partir des événements du calendrier. Chacun peut commenter un événement ou y déposer un compte rendu : le vétérinaire, la personne en demi-pension, la gérante de l’écurie. L’application suit aussi les dépenses.
Sa force : la mécanique collaborative. Générer le carnet depuis le calendrier plutôt que de demander une double saisie est une vraie bonne idée, et le suivi des dépenses manque chez la plupart des concurrents.
Sa limite : un seul cheval en gratuit. Dès le deuxième, il faut passer au Premium.
Happie Horse : l’approche allemande, avec de l’IA
Disponible en anglais, allemand et espagnol, sur iOS et Android. Elle couvre le quotidien de l’écurie, la santé, le pâturage et l’entraînement : maladies et traitements passés et en cours, suivi des symptômes et des constantes pour repérer un problème plus tôt, rendez-vous vétérinaire et maréchal, calendrier de vaccination, journal d’entraînement.
Elle a ajouté des fonctions d’intelligence artificielle et, plus original, un suivi du temps de pâturage et du risque fructane, le sucre de l’herbe qui déclenche les fourbures au printemps.
Sa force : le suivi du fructane et des constantes. C’est de la prévention, là où la plupart des carnets se contentent d’archiver.
Sa limite : pas de version française à ce jour, et pas de tarif public.
HoCaPa : le carnet de santé numérique
Se présente comme le carnet de santé numérique du cheval, en application web et mobile.
Sa force : le positionnement est clair et sans détour.
Sa limite : pas de tarif public, et une notoriété encore faible.
Liberty App : la prise de rendez-vous
Plus étroite : l’application est pensée pour faciliter la prise de rendez-vous entre les propriétaires et les professionnels de santé équine itinérants.
Sa force : elle résout un problème réel et précis : caler un vétérinaire ou un ostéopathe qui tourne.
Sa limite : ce n’est pas un carnet de santé. Elle se combine avec un des précédents plutôt qu’elle ne les remplace.
Le carnet Equirider
Nous éditons nous-mêmes un carnet de santé numérique, il serait malhonnête de ne pas le dire. Il centralise les vaccins, les vermifuges, la ferrure, les soins dentaires et les visites vétérinaires, envoie les rappels avant chaque échéance, stocke les ordonnances et les documents, permet le partage avec le vétérinaire ou le maréchal et l’export en PDF. Il embarque aussi Sasha, une assistante spécialisée en santé équine.
Comme nous sommes juge et partie sur ce segment, nous ne nous attribuons pas de note. Les fonctions sont décrites, les conditions et tarifs sont sur notre page dédiée, et la comparaison se fait avec les critères listés ci-dessus : nombre de chevaux inclus, partage avec les professionnels, et capacité à ressortir ses données.
Et en Europe ?
Equicty (Belgique) : le seul à jouer l’intelligence artificielle
Gestion des chevaux et des équipes, planning interactif, facturation, membres et réservations, portail propriétaires, paiements en ligne. Deux choses le distinguent. D’abord Hoofy, présenté comme le premier assistant IA de gestion équestre professionnelle : il analyse les données de l’écurie et propose des pistes d’optimisation. Ensuite l’e-invoicing Peppol, obligatoire en Belgique dès 2026. Disponible en cinq langues, dont le français.
EquineM (Pays-Bas) : dix ans de métier
Plus de dix ans d’expérience. Pensé pour faire travailler ensemble propriétaires, gérants d’écurie, cavaliers, grooms et professionnels de santé sur la même administration.
Yardman (Royaume-Uni) : le haut de gamme des écuries de course
À partir de 75 £ hors taxes par mois pour une écurie de cinquante chevaux, sans frais d’installation. Utilisé par des entraîneurs de premier plan au Royaume-Uni, en Irlande et sur le continent. C’est le plus cher de ce comparatif, et il l’assume : le besoin d’une écurie de course en matière de facturation aux propriétaires n’a rien à voir avec celui d’un poney-club.
Le reste du continent, en bref
- Allemagne : equitano (écoles, pensions, élevages, clubs), EquiPlan, Stable-Manager (avec gestion de l’occupation du manège), EquusCRM, derStall.
- Pays-Bas : HorseManager (module pension avec contrats et facturation au box), StablePulse (Pays-Bas et Belgique), Horse-info.nl et HTP Software, centrés sur la réservation des installations par le client de la pension.
- Espagne : EquiSoft, GESTHIP, HípicGest (contrôle des boxes et paddocks, affectation des chevaux aux cours), CRIO Online.
- Italie : GLENN, avec une version dédiée aux hippodromes qui répartit frais et gains entre copropriétaires d’un cheval ; Modular Software à 60 € + TVA par semestre ; HorseFirm, entièrement gratuit.
- Pologne : Nasza Stajnia (plus de 260 écuries et 900 chevaux en test), Redini, Equita.pl.
- Suède : Mosson Stable, qui couvre écuries sportives et écuries de course ; Stable, encore en bêta privée.
Comment choisir, concrètement
Cinq questions, dans cet ordre. Elles éliminent la majorité du catalogue en dix minutes.
1. Vous gérez un club, un élevage, ou votre propre cheval ?
C’est la seule question qui compte vraiment. Un propriétaire qui souscrit un outil de centre équestre paiera quatre fois trop cher pour des fonctions qu’il n’ouvrira jamais. Et un club associatif qui n’a que quelques poneys peut se contenter d’un logiciel d’association.
2. Quel est le prix plancher réel de votre besoin ?
Pour un club, il se situe entre 15 € (Horsio, jusqu’à 70 cavaliers) et 20 € HT tout compris (Mes-écuries), avec Equionline en dessous pour une très petite cavalerie et Equimondo gratuit tant qu’on ne facture pas. Toute proposition au-dessus de 45 € doit se justifier par quelque chose de précis : l’agrément FFE, le montoir automatique, le paiement en ligne des familles. Sinon, c’est juste plus cher.
3. L’éditeur est-il prêt pour la facturation électronique ?
Posez la question par écrit. Notez la réponse et sa date.
4. Vos données peuvent-elles sortir ?
Export PDF, export comptable, export brut. Avec le passeport numérique qui arrive, un outil dont on ne peut rien extraire deviendra un problème, pas une solution.
5. Ça marche depuis le box, avec les mains sales et une seule barre de réseau ?
Un logiciel qu’on ne peut ouvrir qu’au bureau finit toujours par retourner sur le cahier.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur logiciel de gestion pour un club d’équitation ?
Il n’y en a pas un seul, il y en a un par profil. Pour un petit club : Horsio (15 € par mois jusqu’à 70 cavaliers) ou Equionline (dès 7,70 € HT). Pour un prix unique sans calcul : Mes-écuries.com à 20 € HT. Pour tester sans payer : Equimondo, gratuit sur la gestion des chevaux. Pour envoyer les licences à la FFE depuis le logiciel : Kavalog, agréé par la Fédération. Pour une association loi 1901 : un logiciel d’association comme SimpliAsso ou MonClub.
Combien coûte un logiciel de gestion de club d’équitation ?
De 15 à 45 € par mois pour la plupart des clubs, selon les relevés du 11 octobre 2026. Les extrêmes vont de 7,70 € HT (Equionline, 10 chevaux) à près de 200 € HT pour les grandes structures (Equirol, MyStableOS). Ekurie ne facture pas d’abonnement mais une commission plafonnée à 300 € par mois. Céléris, GestEquit et Equestrions ne publient pas leurs prix.
Existe-t-il un logiciel de centre équestre gratuit ?
Oui, avec des conditions. Equimondo est gratuit pour la gestion des chevaux, du planning et des inscriptions, seule la facturation est payante. Ekurie n’a pas d’abonnement et prend une commission sur le chiffre d’affaires encaissé. EquiBase est un logiciel de bureau gratuit mais ancien. Côté propriétaire, Equitazone est gratuit pour un cheval.
Quel logiciel envoie les licences à la FFE ?
Kavalog, agréé FFE et partenaire GHN, permet l’envoi des licences depuis le logiciel. Les autres solutions suivent les licences des cavaliers, mais la transmission se fait toujours dans le Club SIF de la Fédération.
Un club associatif doit-il choisir un logiciel équestre ou un logiciel d’association ?
Cela dépend de la cavalerie. Un logiciel d’association (SimpliAsso, MonClub, AssoConnect) gère très bien les adhésions, les cotisations et l’assemblée générale, mais ni le montoir ni le registre d’élevage. Au-delà d’une quinzaine de chevaux, un logiciel équestre devient plus simple.
Mon centre équestre est-il concerné par la facture électronique ?
Oui s’il est assujetti à la TVA. Depuis le 1er septembre 2026, il doit pouvoir recevoir des factures électroniques, et il devra en émettre à partir du 1er septembre 2027. Les ventes aux cavaliers particuliers ne passent pas en facture électronique, elles font l’objet d’un e-reporting. Demandez à votre éditeur par quelle plateforme agréée il passe.
Qu’est-ce que le registre d’élevage et quels logiciels le tiennent ?
C’est un registre obligatoire de traçabilité sanitaire des équidés. Equimondo, Kavalog, Equionline, Mes-écuries.com et Groomy annoncent tous sa tenue.
Quel logiciel choisir quand on a juste un ou deux chevaux ?
Pas un outil de structure. Un carnet de santé numérique suffit : suivi des vaccins, des vermifuges, de la ferrure et du dentiste, rappels automatiques, et partage avec le vétérinaire. Vérifiez surtout deux choses avant de vous inscrire : le nombre de chevaux inclus dans l’offre gratuite, et la possibilité d’exporter vos données.







