Carroll Ballard signe en 1979 l'adaptation du roman de Walter Farley paru en 1941. Un cargo fait naufrage au large de l'Afrique du Nord. Un garçon, Alec Ramsey, et un étalon arabe noir échouent sur une île déserte. La première moitié du film se passe presque sans dialogue. La seconde raconte le retour aux États-Unis et la préparation d'une course. Kelly Reno joue Alec, Mickey Rooney l'entraîneur Henry Dailey. La photographie est de Caleb Deschanel.
Quarante minutes sans un mot
La partie insulaire du film est un morceau de cinéma muet. Le garçon apprivoise l'étalon en lui donnant des algues, puis grimpe sur son dos dans l'eau. Aucune explication, aucune voix off. Ballard filme en longues focales, sous l'eau, à contre-jour. La séquence où l'enfant monte pour la première fois, crinière au vent dans le ressac, est devenue une référence de la photographie équestre au cinéma.
Ce parti pris a inquiété le studio. Il fait aujourd'hui la valeur du film.
Un arabe noir nommé Cass Ole
L'étalon est joué par Cass Ole, un arabe noir texan de quinze ans au moment du tournage. Sa robe noire uniforme est rare chez l'arabe. Il portait des balzanes blanches, masquées au maquillage pour le film. Quatre doublures assuraient les cascades et les scènes de galop pur.
Le dressage a demandé des mois. Les scènes de nage libre, en particulier, ne peuvent pas se truquer : le cheval devait accepter l'eau profonde avec un enfant sur le dos.
La course finale
Le dernier acte bascule vers le récit sportif classique : un cheval sans papiers, un vieil entraîneur, une course match contre deux cracks. Le montage alterne les sabots, les naseaux et le visage du gamin. Le film gagne l'Oscar du meilleur montage sonore en 1980.
Une suite, Le Retour de l'étalon noir, sort en 1983 avec le même acteur principal. Elle n'atteint pas la tenue visuelle du premier.




