Sidney J. Furie réalise en 1966 ce western avec Marlon Brando. Un ancien chasseur de bisons veut se ranger et fonder un élevage. Son étalon appaloosa, sur lequel repose tout son projet, lui est volé par un chef de bande mexicain. Le film est la poursuite qui s'ensuit, de part et d'autre de la frontière. Le cheval n'y est pas un compagnon mais un capital, et c'est ce qui en fait la particularité.
Un cheval qui vaut un avenir
Le ressort du film est économique avant d'être sentimental. L'appaloosa volé est un étalon reproducteur : sans lui, il n'y a pas d'élevage, donc pas de vie rangée possible.
Cette lecture tranche avec la tradition du western, où le cheval sert de moyen de transport ou d'ami fidèle. Ici il est un bien de production, et sa perte est une ruine.
La race appaloosa
L'appaloosa est associé au peuple Nez-Percé du plateau du Columbia, qui l'a sélectionné à partir du XVIIIe siècle pour l'endurance et le pied sûr.
Sa robe tachetée, dite léopard ou couverture selon la répartition, est due à un complexe génétique particulier. La race a failli disparaître après la défaite des Nez-Percés en 1877, avant d'être reconstituée à partir des années 1930.
Un Brando entre deux périodes
Le film appartient à la traversée du désert de Marlon Brando, entre les succès des années cinquante et son retour avec Le Parrain en 1972.
Sidney J. Furie filme en cadrages très bas et en gros plans serrés, un parti pris qui a divisé la critique. Le film reste intéressant pour le regard qu'il porte sur le cheval comme patrimoine et non comme décor.




