Sidney Lumet adapte en 1977 la pièce de Peter Shaffer créée à Londres en 1973. Un adolescent, palefrenier dans une écurie anglaise, crève les yeux de six chevaux avec une pointe. Un psychiatre, joué par Richard Burton, tente de comprendre. Le film ne cherche pas le fait divers mais le rapport de l'adolescent au sacré, où le cheval tient la place d'une divinité. Peter Firth reprend le rôle qu'il tenait sur scène.
Un fait divers transformé en tragédie
Peter Shaffer avait entendu parler d'un fait réel survenu dans une écurie britannique. Il en a retiré tout le détail pour construire une pièce sur la foi, le désir et la normalisation.
Le psychiatre Martin Dysart soigne le garçon, mais l'envie : son patient a connu une passion absolue, là où lui mène une vie tiède. La pièce pose une question inconfortable, à savoir si guérir revient ici à éteindre.
Le cheval comme dieu
Alan Strang a fabriqué un culte privé autour d'Equus, entité qu'il vénère et qui le surveille. Il monte la nuit, nu, en secret. Le film traite le cheval comme une présence sacrée et non comme un animal de compagnie.
Ce traitement tranche avec tout le reste du cinéma équestre, où le cheval est un partenaire ou une victime. Ici il est objet de terreur religieuse.
Une adaptation discutée
Au théâtre, les chevaux étaient joués par des comédiens portant des têtes stylisées en fil de fer. La convention rendait la violence finale supportable et symbolique.
Lumet a choisi des chevaux réels. Le passage à l'écran rend la scène d'aveuglement littérale et beaucoup plus dure, ce que plusieurs critiques ont reproché au film. Richard Burton et Peter Firth ont tous deux été nommés aux Oscars en 1978.
Le film reste réservé à un public averti. Aucune scène ne montre de sévices réels sur les animaux, le tournage ayant été supervisé.




