Robert Redford réalise et interprète en 1998 l'adaptation du roman de Nicholas Evans. Une adolescente et sa jument sont grièvement blessées dans un accident avec un camion. La jument devient dangereuse, la jeune fille est amputée. Sa mère, éditrice à New York, les emmène toutes deux dans le Montana chez un homme réputé pour rétablir les chevaux abîmés. Scarlett Johansson, alors âgée de treize ans, joue Grace. Le film dure près de trois heures.
Le débourrage par l'éthologie, montré à l'écran
Le film a fait connaître au grand public le travail en liberté et la communication par le langage corporel. Tom Booker n'attache pas, ne force pas, ne crie pas. Il travaille en rond de longe, observe les signaux du cheval, cède la pression au bon moment.
Le personnage s'inspire de praticiens réels, dont Buck Brannaman, qui a servi de conseiller technique sur le tournage et double Redford dans plusieurs plans. Monty Roberts et Ray Hunt appartiennent à la même filiation.
Ce que le film montre juste, et ce qu'il simplifie
La méthode présentée existe et fonctionne. La séquence où la jument Pilgrim finit par s'approcher d'elle-même est fidèle au principe du join-up : le cheval choisit le contact quand la pression cesse.
La simplification tient au temps. À l'écran, la réhabilitation semble tenir en quelques semaines. Dans la réalité, un cheval traumatisé à ce point demande des mois, parfois davantage, et ne récupère pas toujours.
Le Montana comme personnage
Redford filme les plaines et les montagnes en cinémascope. Les scènes de rassemblement de bétail, tournées avec de vrais cow-boys, servent de contrepoint au huis clos émotionnel entre les personnages.
Le film a durablement influencé l'image de l'équitation dite éthologique en France, où il est souvent cité comme point d'entrée par les cavaliers venus à ces méthodes dans les années 2000.




