George Marshall réunit en 1953 Dean Martin et Jerry Lewis dans une comédie tirée d'une nouvelle de Damon Runyon. Un parieur endetté doit faire perdre un cheval pour effacer sa dette auprès d'un bookmaker. Il entraîne son cousin dans l'affaire en le faisant passer pour jockey, alors qu'il n'a jamais monté. Le film a été tourné en Technicolor et en relief, exploité en 3D à sa sortie.
Damon Runyon et le monde des courses
Runyon, chroniqueur new-yorkais, a écrit des dizaines de nouvelles peuplées de parieurs, de bookmakers et de petits truands, dont est aussi tiré Blanches colombes et vilains messieurs.
Son univers repose sur un principe simple : personne n'y travaille vraiment, tout le monde y combine. Les courses fournissent le décor et le moteur de ces arrangements, parce qu'elles mêlent l'argent, le hasard et l'information privilégiée.
Le langage de ses personnages, mélange d'argot et de formules pompeuses, a donné son nom à un style, le runyonesque.
Un faux jockey
Le ressort comique tient à l'imposture. Jerry Lewis doit tenir en selle sans savoir monter, ce qui donne les séquences les plus physiques du film.
La contrainte est réelle dans le métier : un jockey de plat pèse rarement plus de cinquante-cinq kilos et monte les étriers très courts, en équilibre au-dessus du garrot. Cette position, mise au point à la fin du XIXe siècle, ne s'improvise pas et demande des années.
Le film joue de cette impossibilité plutôt que de la masquer, et transforme chaque montée en selle en numéro burlesque.
Un film en relief
Money from Home est sorti pendant la vague 3D du début des années cinquante, où Hollywood cherchait à contrer la télévision naissante en offrant ce que le petit écran ne pouvait pas.
Peu de comédies ont été tournées dans ce format, généralement réservé aux films d'aventure et d'horreur. Les scènes de course, avec chevaux lancés vers la caméra, exploitaient directement l'effet de profondeur.
La vague retomba en moins de deux ans, et la plupart de ces films furent ensuite exploités à plat.




