Caroline Thompson passe à la réalisation en 1994 avec cette adaptation du roman d'Anna Sewell. Scénariste d'Edward aux mains d'argent et de L'Étrange Noël de monsieur Jack, elle conserve le procédé du livre : le cheval raconte lui-même sa vie, en voix off tenue par Alan Cumming. Le film suit la même trajectoire descendante, de la propriété de campagne aux fiacres londoniens, avant un dernier acte apaisé.
La voix du cheval, conservée
Le choix de garder la narration à la première personne distingue cette version des adaptations familiales classiques. Le spectateur entend ce que le cheval comprend et ne comprend pas des décisions humaines.
Le procédé permet d'aborder frontalement la maltraitance sans la montrer complaisamment : le commentaire du cheval suffit à situer ce qui se joue.
Londres et les chevaux de fiacre
La partie londonienne est la plus dure du film. Beauty y tire un cab, travaille par tous les temps, et croise Ginger, la jument au caractère entier rencontrée au début, devenue épuisée.
Ces séquences rappellent une réalité chiffrée : à la fin du XIXe siècle, Londres comptait plus de cinquante mille chevaux de travail, dont l'espérance de vie utile dépassait rarement quelques années.
Une production soignée
Le film a été tourné en Angleterre avec des attelages d'époque reconstitués. Le cheval principal, un pur-sang noir nommé Docteur, était doublé par plusieurs congénères selon les scènes.
La musique de Danny Elfman accompagne un récit volontairement sobre. Cette version est aujourd'hui la plus diffusée en salle de classe pour aborder la question du bien-être animal avec des enfants.




