Cette nouvelle d'Agatha Christie appartient au recueil Les Travaux d'Hercule, publié en 1947, où Hercule Poirot résout douze affaires calquées sur les douze travaux du héros grec. Celle-ci correspond au huitième travail, la capture des juments de Diomède. Christie y transpose les chevaux mangeurs d'hommes en un trafic de stupéfiants dans la bonne société londonienne.
Le principe du recueil
Poirot, sur le point de prendre sa retraite, décide de n'accepter que douze dernières affaires, chacune faisant écho à l'un des travaux d'Hercule.
Le procédé est un jeu littéraire assumé : le lien avec le mythe est parfois direct, parfois très détourné. Il permet à Christie de varier les registres, du huis clos alpin à la comédie mondaine, dans un format court qui lui convenait bien.
Les juments de Diomède
Dans la mythologie, Diomède de Thrace nourrissait ses juments de chair humaine. Hercule devait s'en emparer, ce qu'il fit en donnant leur maître à dévorer à ses propres bêtes.
Christie garde l'idée de la substance qui rend fou et dévore ceux qui l'approchent, mais remplace les juments par la drogue. Le titre fonctionne alors comme une clé : ce qui mange les hommes n'est plus un animal mais un commerce.
Le cheval chez Christie
Le cheval apparaît régulièrement dans son œuvre, souvent par le biais des courses et des paris, milieu qu'elle connaissait et qui fournit des mobiles commodes.
Cavalière elle-même dans sa jeunesse, Agatha Christie avait un rapport familier au monde équestre anglais des années vingt et trente. Elle en tire des décors crédibles, écuries de campagne, réunions hippiques et propriétaires ruinés, plus qu'un intérêt pour l'animal lui-même.




