Publié en 1902, ce livre de William Dean Howells raconte les tentatives répétées d'un garçon de fuguer de la petite ville de l'Ohio où il grandit. Le titre est trompeur : Pony est le surnom du garçon, pas un poney. Howells, figure dominante des lettres américaines de son temps, y applique à l'enfance le réalisme qu'il défendait pour le roman adulte.
Un titre qui trompe
Le lecteur qui cherche un livre de chevaux se trompe de rayon. Pony Baker est un enfant, ainsi surnommé par ses camarades, et le récit ne parle jamais d'équitation.
Cette confusion vaut d'être signalée car elle explique la présence du titre dans beaucoup de listes de littérature équestre, où il n'a rien à faire. Elle rappelle aussi combien le vocabulaire du cheval a irrigué l'anglais courant, jusque dans les surnoms d'enfants.
Le réalisme de Howells
William Dean Howells a dirigé l'Atlantic Monthly, soutenu Mark Twain et Henry James, et défendu toute sa vie l'idée que le roman devait montrer la vie ordinaire plutôt que l'aventure.
Appliqué à l'enfance, ce programme donne un livre où il ne se passe presque rien : le garçon veut partir, hésite, se laisse distraire, échoue. C'est précisément le sujet. La fugue n'a jamais lieu, et le texte s'intéresse à l'écart entre le désir de partir et la capacité de le faire.
L'Ohio de l'enfance
Le décor reprend celui de la jeunesse de Howells, dans les petites villes de l'Ohio du milieu du XIXe siècle.
C'est un monde où le cheval structure encore la vie quotidienne, où l'on va au moulin en charrette et où la nouvelle arrive par la diligence. Howells n'en fait pas un objet de nostalgie mais un cadre banal, ce qui rend son témoignage plus utile qu'une évocation pittoresque.




