Publié en 2003, ce roman du Norvégien Per Petterson suit un homme de soixante-sept ans retiré dans une cabane à la frontière suédoise, qui revient sur l'été 1948 passé avec son père. Le titre reprend une expression codée liée à la résistance norvégienne. Le livre a reçu le prix littéraire international de Dublin en 2007 et a été traduit dans une cinquantaine de langues.
Une phrase qui cache autre chose
Aller voler des chevaux est ce que les garçons du roman disent faire pour s'amuser, en montant sans permission les bêtes d'un voisin.
La formule servait aussi de mot de passe pendant l'occupation allemande, entre 1940 et 1945, pour désigner le passage de résistants vers la Suède neutre. Le narrateur découvre tardivement que son père l'employait dans ce second sens. Tout le livre tient dans ce glissement.
La forêt et la rivière
Le décor est celui de l'est de la Norvège, forêt d'épicéas, rivière flottant les grumes vers la scierie, hameaux isolés.
Petterson y décrit un travail physique précis : abattre, écorcer, mener le bois. Le cheval apparaît dans cet univers comme outil de débardage, tâche qu'il a assurée dans les forêts scandinaves jusqu'à la mécanisation d'après-guerre, et qui perdure aujourd'hui sur les parcelles fragiles.
Une écriture de la lenteur
Le roman avance par retours en arrière, sans effet dramatique appuyé, dans une langue sobre que la traduction a bien rendue.
Ce qui s'y joue est l'apprentissage tardif d'événements dont l'enfant n'avait pas les clés. Petterson refuse l'explication complète : le père disparaît sans laisser de mot, et le lecteur n'en saura pas plus que le fils. Cette retenue est ce qui a fait la réputation internationale du livre.




