Publié en 1977, ce roman de Rosemary Sutcliff imagine l'origine du cheval blanc d'Uffington, immense figure de craie tracée sur une colline du sud de l'Angleterre. L'autrice y raconte un jeune chef celte contraint de dessiner cette silhouette pour sauver son peuple. Le livre est représentatif de sa manière : archéologie sérieuse, récit tendu, fin sans consolation facile.
Le cheval blanc d'Uffington
Le géoglyphe mesure environ cent dix mètres de long et se trouve dans l'Oxfordshire, sur une pente crayeuse dominant la vallée du Cheval Blanc.
Il est tracé par des tranchées comblées de craie blanche, ce qui impose un entretien régulier sous peine de disparition sous l'herbe. Des datations par luminescence menées dans les années 1990 le situent à la fin de l'âge du bronze ou au début de l'âge du fer, soit autour de mille ans avant notre ère, bien plus tôt qu'on ne le croyait.
Ce que la figure représente
La silhouette est très stylisée, aux membres étirés, au point que certains y ont vu un chien ou un dragon plutôt qu'un cheval.
L'hypothèse dominante reste celle du cheval, animal central des sociétés celtiques et associé à des divinités comme Épona. Le lieu serait un marqueur territorial visible de loin, autant qu'un site rituel. La forme rappelle celle des chevaux frappés sur les monnaies celtiques de la région.
Rosemary Sutcliff
Rosemary Sutcliff, née en 1920, a passé sa vie en fauteuil roulant après une arthrite juvénile et a écrit une soixantaine de livres, principalement sur la Bretagne romaine et l'Angleterre ancienne.
Elle est connue pour L'Aigle de la neuvième légion, et pour sa manière de traiter la jeunesse sans édulcorer la violence ni les défaites. Ses romans reposent sur une documentation archéologique qu'elle suivait de près.




