Ce conte des frères Grimm, référencé sous le numéro 132 de leur recueil, met en scène un vieux cheval chassé de la ferme parce qu'il ne peut plus travailler. Un renard lui souffle une ruse pour prouver sa valeur et retrouver sa place. Le texte est bref et sec, comme beaucoup de contes animaliers du corpus, et parle directement du sort réservé aux bêtes devenues inutiles.
Le récit
Un paysan met dehors son cheval âgé en lui disant qu'il ne le reprendra que s'il ramène un lion.
Le renard conseille au cheval de se coucher et de faire le mort. Il attire ensuite le lion en lui promettant une proie facile, l'attache au cheval en prétendant l'aider à emporter la carcasse, puis le cheval se relève et traîne le lion jusqu'à la ferme. Le paysan, stupéfait, reprend son cheval et le nourrit jusqu'à sa mort.
Le cheval vieux, un motif récurrent
Plusieurs contes européens partent du même point : l'animal qui a servi toute sa vie et qu'on écarte dès qu'il coûte plus qu'il ne rapporte.
Les Musiciens de Brême s'ouvrent exactement ainsi, avec un âne condamné parce qu'il faiblit. Ces récits enregistrent une réalité rurale : la retraite d'un animal de trait n'existait pas, et la fin de carrière signifiait généralement l'abattoir ou l'abandon.
Ce que raconte la ruse
Le cheval ne gagne pas par la force, alors qu'il est le plus puissant des personnages. Il gagne parce qu'un renard lui prête son intelligence.
La morale implicite du conte n'est pas flatteuse pour le maître : il n'a pas voulu garder un serviteur fidèle, il en garde un qu'il croit exceptionnel. Le récit se termine sur une bonne fin obtenue par la tromperie, ce qui est fréquent chez les Grimm et rarement souligné dans les versions abrégées pour enfants.




