Publié en 1965, ce roman de Rosemary Sutcliff se déroule dans l'Écosse du IIe siècle, entre le peuple des Dalriades et celui des Calédoniens. Un ancien gladiateur, sosie d'un roi déchu, est enrôlé pour prendre sa place. Le titre renvoie à la marque royale, symbole d'un pouvoir associé au cheval. Le livre est considéré par beaucoup comme son texte le plus dur.
Le roi cheval
Chez plusieurs peuples celtiques, la royauté était liée à un rituel impliquant un cheval, dont Giraud de Barri a laissé une description pour l'Irlande médiévale, largement discutée depuis.
Sutcliff s'appuie sur ce fonds pour construire un titre royal, le Seigneur Cheval, marqué au fer sur le front. Le cheval y fonctionne comme garant de légitimité, ce qui est cohérent avec la place de l'animal dans les monnayages et les figurations celtiques.
Une fin sans consolation
Le roman se termine par un sacrifice délibéré du héros, qui donne sa vie pour tenir un traité.
Cette conclusion a marqué des générations de lecteurs adolescents, habitués à ce que la littérature jeunesse ménage ses personnages. Sutcliff refusait ce contrat implicite, considérant qu'un récit historique sérieux devait accepter les issues que l'histoire produit réellement.
La Bretagne romaine de Sutcliff
L'autrice a consacré une grande partie de son œuvre à la province romaine de Bretagne et à ses marges, notamment dans L'Aigle de la neuvième légion publié en 1954.
Elle s'appuyait sur l'archéologie disponible et corrigeait ses romans quand les fouilles la contredisaient. Ses descriptions d'équipement, de chevaux et de tactiques restent solides, ce qui explique que ses livres soient encore recommandés dans l'enseignement de l'histoire ancienne en Grande-Bretagne.




