Publiée en 1926, cette nouvelle de D. H. Lawrence raconte l'histoire d'un enfant qui devine le nom des chevaux gagnants en montant frénétiquement son cheval à bascule. Le récit mêle conte fantastique et critique sociale, autour d'une famille rongée par l'argent qui lui manque. C'est l'un des textes courts les plus étudiés de la littérature anglaise du XXe siècle.
Un enfant, un jouet, un oracle
Paul vit dans une maison où une voix silencieuse répète qu'il faut plus d'argent. Sa mère, incapable d'aimer ses enfants, dépense au-delà des moyens du foyer.
Le garçon découvre qu'en montant son cheval à bascule jusqu'à l'épuisement, il obtient le nom du vainqueur de la prochaine course. Avec l'aide du jardinier et de son oncle, il gagne des sommes considérables, qu'il fait parvenir anonymement à sa mère. La voix, loin de se taire, redouble.
Le cheval comme machine
Le cheval à bascule n'est pas un cheval. Il ne va nulle part, ne fatigue pas, ne répond pas. C'est un objet immobile que l'enfant use jusqu'à s'user lui-même.
Lawrence oppose ce simulacre aux vrais chevaux des champs de courses, qu'on ne voit jamais dans le texte. Le pari, l'argent et l'obsession remplacent l'animal, exactement comme la mécanique remplace la vie dans la critique que l'auteur adressait à son époque.
Argent et affection
La nouvelle a été lue comme une charge contre la société anglaise de l'entre-deux-guerres, où le rang social se maintient à crédit et où la respectabilité coûte plus qu'elle ne rapporte.
La fin, brutale, refuse toute morale consolante. L'enfant obtient ce qu'il cherchait, et cela ne sert à rien. Cette absence de rachat est ce qui a fait de ce texte court un classique des programmes scolaires anglo-saxons.




