Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art, montre un chariot de roulier tiré par un attelage lourd. Le carrier assurait le transport des marchandises entre les villes anglaises avant le chemin de fer. Son véhicule, lent et massif, s'opposait à la diligence rapide qui transportait les voyageurs. Rowlandson a documenté ces deux mondes de la route pendant toute sa carrière.
Le roulier, métier de la route lente
Le carrier transportait balles, tonneaux et colis à raison de quelques kilomètres par heure. Il partait à jour fixe, s'arrêtait aux mêmes auberges, et son passage rythmait la vie des bourgs traversés.
Ce commerce reposait sur la confiance : le roulier connaissait ses clients, avançait parfois les frais, et servait accessoirement de porteur de nouvelles.
Un chariot conçu contre les ornières
Les chariots de roulage anglais portaient des jantes très larges, parfois plus de vingt centimètres. Cette particularité n'était pas esthétique.
Les lois sur les routes à péage, les turnpike acts, imposaient des jantes larges et taxaient moins les véhicules qui en étaient équipés, parce qu'ils tassaient la chaussée au lieu de la creuser. Une jante étroite creusait des ornières que les suivants devaient subir.
Un attelage en file
Les chevaux sont attelés en flèche, les uns derrière les autres, disposition adaptée aux chemins étroits et aux fortes pentes.
Le conducteur marche à côté plutôt que de monter sur le chariot, position qui lui permet de guider le cheval de tête à la voix et de soulager la charge. Rowlandson note ce détail avec exactitude, comme la plupart des observateurs de la route anglaise de son temps.




