Cette scène de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art, se déroule dans un repository londonien, c'est-à-dire une salle de vente de chevaux. Acheteurs, maquignons et curieux se pressent autour d'un animal présenté au trot. Ces établissements étaient le lieu où se fixait le prix du cheval à Londres, et où se jouaient les réputations de vendeurs.
Le repository, bourse du cheval londonien
Un repository combinait salle de vente, écuries et manège couvert. On y présentait les chevaux à la main, au trot, parfois montés, devant une assemblée d'acheteurs.
Le plus célèbre restait Tattersall's, fondé en 1766 près de Hyde Park Corner, qui devint aussi le lieu où se réglaient les paris des courses. D'autres établissements, comme celui du Barbican, servaient une clientèle plus modeste.
Le maquignonnage comme sujet comique
Rowlandson traite la scène en satire. Les visages sont chargés, les postures exagérées, et l'acheteur naïf y côtoie le vendeur retors.
Le commerce du cheval avait une réputation détestable, au point que l'anglais a conservé l'expression horse trading pour désigner une négociation douteuse. Les vices cachés, les âges maquillés et les boiteries dissimulées alimentaient les tribunaux.
Comment on jugeait un cheval
L'acheteur regardait les dents pour estimer l'âge, faisait trotter l'animal sur sol dur pour dépister une boiterie, et vérifiait les aplombs et les tares des membres.
Ces gestes n'ont pas changé. Ce qui a changé, c'est le recours à la visite vétérinaire d'achat, qui n'existait pas sous cette forme à l'époque de Rowlandson : la profession vétérinaire anglaise vient à peine de naître, le Royal Veterinary College ayant ouvert en 1791.




