Cette aquarelle de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art, montre un marchand ambulant chargeant sa carriole avant la tournée. Le potier itinérant vendait sa vaisselle de village en village, et son cheval représentait à la fois son outil de travail et son principal capital. La scène appartient à la longue série d'observations que Rowlandson a consacrées aux petits métiers de la route.
Le colportage, commerce de proximité
Avant les boutiques de village généralisées, une partie du commerce de détail se faisait par tournées. Le marchand ambulant desservait des hameaux trop petits pour nourrir un commerce fixe.
Sa carriole contenait tout son stock. Une charge mal arrimée sur un chemin défoncé, et la vaisselle se brisait : le chargement, montré ici, était une opération à part entière.
Un cheval unique, donc irremplaçable
Ces petits marchands travaillaient avec une seule bête. Sa perte signifiait la fin de l'activité, faute de pouvoir en racheter une.
Cette dépendance explique le soin porté au ferrage et à l'entretien des pieds, principal motif d'immobilisation. Les maréchaux-ferrants étaient répartis le long des itinéraires, et leur atelier servait aussi de point de rencontre.
Rowlandson observateur du travail
Rowlandson est connu pour ses caricatures mordantes, mais une grande partie de son œuvre relève de la chronique visuelle.
Il note les harnachements, les types de véhicules, la façon dont on charge et dont on attelle. Cette précision fait de ses feuilles une source utilisée par les historiens de la vie matérielle anglaise, au même titre que les gravures de métiers.




