Cette toile de Jan Wildens, datée de 1618, reprend un épisode mythologique où Castor et Pollux enlèvent les filles de Leucippe. Les chevaux cabrés occupent le centre de la composition. Wildens était le paysagiste attitré de l'atelier de Rubens à Anvers, et cette œuvre s'inscrit dans la circulation des motifs entre le maître et ses collaborateurs, pratique courante dans la peinture flamande du XVIIe siècle.
Un enlèvement construit sur deux chevaux
Le sujet vient de la mythologie grecque : les Dioscures enlèvent Phébé et Hilaeira, promises à leurs cousins. La scène est violente et se termine par un combat mortel.
La version la plus célèbre est celle de Rubens, conservée à Munich, où deux chevaux cabrés forment une croix diagonale au centre de la toile. Toute la composition tient sur cette structure animale, les corps humains s'y accrochant.
L'atelier de Rubens et ses spécialistes
Rubens dirigeait à Anvers un atelier considérable, où des peintres spécialisés intervenaient sur leurs domaines : Frans Snyders pour les animaux et les natures mortes, Jan Wildens pour les paysages.
Cette division du travail permettait de produire vite et beaucoup. Elle explique aussi la difficulté des attributions : une même toile peut porter la main de trois artistes, et les versions d'atelier circulaient sous le nom du maître.
Le cheval cabré, ressort baroque
Le cheval qui se dresse sert à créer de la verticalité et du désordre dans une composition. Il ajoute de la masse, du mouvement et une diagonale forte.
Le baroque flamand en abuse, jusqu'à en faire une signature. La posture, difficile à obtenir d'un cheval réel plus de quelques secondes, est presque toujours reconstruite d'après des dessins et des modèles antiques plutôt que peinte sur le vif.




