Cette œuvre de John Frederick Lewis, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1833, montre une rue de Grenade un jour de corrida. Cavaliers, mules et foule s'y pressent. Lewis a séjourné en Espagne de 1832 à 1834 avant de partir pour l'Orient, et ce voyage a nourri une série d'aquarelles et de lithographies qui ont fait sa réputation à Londres.
L'Espagne comme destination romantique
Dans les années 1830, l'Espagne devient une destination privilégiée des voyageurs britanniques et français, en quête de couleur locale et d'un Sud jugé plus authentique.
Washington Irving publie ses Contes de l'Alhambra en 1832, l'année même où Lewis arrive à Grenade. Le goût pour l'Andalousie mauresque bat son plein, et le marché de l'estampe suit.
La corrida et le cheval
La tauromachie espagnole du XIXe siècle fait intervenir des chevaux montés par les picadors, chargés d'affaiblir le taureau à la pique.
Ces montures étaient à l'époque sans protection et périssaient en grand nombre. Le caparaçon protecteur, le peto, n'a été rendu obligatoire qu'en 1928. Le jour de course était donc aussi une journée de pertes équines considérables, rarement évoquée dans l'imagerie pittoresque du temps.
Lewis avant l'Orient
John Frederick Lewis passera ensuite dix ans au Caire, d'où il rapportera les scènes orientalistes minutieuses qui ont fait sa célébrité.
Ses aquarelles espagnoles précèdent cette période et en annoncent la méthode : observation directe, attention aux costumes et aux harnachements, lumière franche. Le Yale Center for British Art en conserve un ensemble important.




