Cette étude de Thomas Rowlandson, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1785, représente un postillon anglais. Le postillon ne conduisait pas depuis le siège : il montait l'un des chevaux de l'attelage et dirigeait la voiture depuis la selle. Ce métier, indispensable au voyage en chaise de poste, disparaîtra avec le chemin de fer au milieu du XIXe siècle.
Conduire depuis la selle
Le postillon monte le cheval de gauche, appelé porteur, et tient en main le cheval de droite, le sous-verge. Sur un attelage à quatre, deux postillons travaillent de concert.
Ce mode de conduite s'imposait pour les chaises de poste, véhicules sans siège de cocher. Il exigeait un cavalier capable de gérer sa monture, sa voisine et le comportement de la voiture derrière lui.
Une botte de fer
Le postillon portait une botte rigide sur la jambe droite, en cuir bouilli ou renforcée de métal.
Elle ne servait pas à l'élégance : elle protégeait la jambe prise entre les deux chevaux, en particulier lors des passages étroits et des ruades. Ces bottes, très lourdes, sont conservées dans plusieurs musées du cheval et de l'attelage.
Un métier réglé par le relais
Le postillon accompagnait la voiture jusqu'au relais suivant, généralement une dizaine de miles, puis revenait avec ses chevaux pendant qu'une nouvelle équipe prenait le service.
Ce système en étapes garantissait des chevaux frais et une vitesse constante. Il structurait tout le réseau routier anglais, dont les auberges de poste étaient les nœuds. Le chemin de fer l'a rendu obsolète en une génération.




