Cette œuvre de David Cox, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1835, reprend la composition de l'Allée de Middelharnis de Meindert Hobbema, tableau hollandais de 1689 conservé à la National Gallery de Londres. Cox en propose une variation personnelle, où la perspective d'arbres et le chemin creusé par les charrois structurent toute l'image.
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Reprendre une composition ancienne était une pratique d'atelier courante. Il ne s'agissait pas de contrefaçon mais d'exercice, et souvent d'hommage déclaré, comme l'indique ici le titre.
L'Allée de Middelharnis de Hobbema fascinait les paysagistes anglais par sa perspective frontale et sa simplicité radicale : une route, deux rangées d'arbres grêles, un ciel immense. Constable et Turner l'ont également étudiée, et le tableau est entré dans les collections britanniques dès 1789.
Le chemin comme ligne de fuite
Le sujet réel de ces tableaux est la route elle-même, creusée par les roues et les sabots, qui file vers l'horizon entre deux rangées d'arbres.
Ce motif dit l'importance du chemin dans un paysage de plaine : il est l'unique repère et la seule structure verticale avec les troncs. Les ornières visibles témoignent d'un usage constant par les charrois, et rappellent que ces routes de terre se déformaient à chaque saison humide.
L'influence hollandaise sur le paysage anglais
Les collections britanniques du XVIIIe siècle s'étaient remplies de peinture hollandaise du Siècle d'or, achetée en quantité sur le continent par les amateurs du Grand Tour.
Cette présence a durablement orienté le goût anglais vers le paysage ordinaire, la lumière atmosphérique et les scènes rurales sans mythologie. L'école anglaise du XIXe siècle, dont Cox fait partie avec Constable et Turner, en est l'héritière directe.



