Cette œuvre de David Cox, conservée au Yale Center for British Art et datée de 1830, représente la traversée des sables de la baie de Morecambe, dans le Lancashire. À marée basse, voyageurs et attelages coupaient à travers l'estuaire pour éviter un long détour par les terres. Le passage, guidé, était réputé dangereux. Cox en a fait l'un de ses sujets de prédilection.
Un raccourci qui tuait
Traverser les sables de Morecambe économisait plusieurs heures de route. Mais la baie a l'une des marées montantes les plus rapides d'Europe, et des sables mouvants qui se déplacent d'une saison à l'autre.
Des voyageurs y ont péri régulièrement pendant des siècles. Une charge officielle de guide des sables existe depuis le XVIe siècle et n'a jamais été supprimée : elle est encore pourvue aujourd'hui.
Le rôle du cheval dans le passage
Les guides opéraient à cheval, sondant le terrain et plantant des branchages pour marquer la route du jour.
Le cheval permettait d'aller vite en cas de montée d'eau et de sentir un sol qui se dérobe. Les attelages suivaient à distance, en file, sans quitter le tracé balisé.
Cox, peintre du ciel et du vent
David Cox est connu pour ses paysages battus par les intempéries, où le ciel occupe l'essentiel de la surface.
Il utilisait un papier grossier, dit papier Cox, qui accrochait le pigment et donnait un grain caractéristique. Cette matière convient particulièrement à la brume et au sable mouillé de la baie. Il a peint le sujet à de nombreuses reprises, en aquarelle comme à l'huile.




